Burger King dézingue la taxe rose (et cela fait réagir)

Burger King s'engage contre la taxe rose
Burger King s'engage contre la taxe rose
L'enseigne de restauration rapide Burger King a réalisé une vidéo promotionnelle où elle s'engage contre la taxe rose. Un texte contre cette discrimination économique qui touche les femmes est en préparation aux Etats-Unis.
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L'enseigne de fast food Burger King a réalisé une vidéo dans laquelle elle s'attaque à la taxe rose. Cette taxe qui n'est pas officielle est une pratique marketing qui "genre" les produits : d'un côté, rose et féminin, et de l'autre bleu et masculin. Cette pratique veut que les femmes iront plus facilement vers un produit qu'elles pensent être conçu pour elles. Au passage, les marques en profitent pour augmenter le prix des produits dits "pour femmes". On retrouve notamment cette taxe rose chez le coiffeur, les déodorants, les rasoirs ou encore les shampoings.

L'initiative de Burger King est-elle purement marketing ? La vidéo de l'enseigne interpelle néanmoins. On y voit des clients commander un produit frit au comptoir. On leur sert alors deux boîtes, une boîte classique pour les hommes à 1,69 dollars et pour les femmes, une boîte rose avec le même contenu mais au prix de 3,09 dollars. Parce que "Les filles aiment les trucs roses".

Pour les hommes, la boîte présente des "chicken fries" (des nuggets de poulet), et pour les femmes des "chick fries", un jeu de mot entre chicken et chick qui veut dire "nana" en anglais.

Une femme répond tout simplement en renversant le contenu de la boîte sur son plateau : "Je ne paierais pas pour ça". Une autre demande en regardant l'homme qui l'accompagne : "Pourquoi me faites-vous payer plus ? J'ai commandé la même chose que lui !". Quand on lui répond que "c'est comme ça", elle réagit vivement : "Je m'en tamponne que la boîte soit rose !"

La voix off explique : "Les nuggets de poulet pour nanas sont désormais disponibles dans une boîte rose pour que nous puissions faire payer les nanas plus cher".

A une famille venue commander, le vendeur au comptoir explique finalement : "Mais quand vous allez à l'épicerie et que vous payez deux dollars de plus pour vos rasoirs, est-ce que vous dites quelques chose ?". La mère de famille répond interloquée et gênée : "Non".


Les internautes ont réagi à cette vidéo, parfois interloqués. "Donc les femmes ne peuvent pas comparer deux produits et prendre le moins cher ? Je sais que ma femme achète des rasoirs pour hommes parce que c'est moins cher et elle s'en est aperçue en lisant. Truc de ouf !" Sauf que ce que ce monsieur ne sait peut être pas, c'est que tout est fait pour embrouiller les consommatrices, et que les produits sont souvent séparés pour que l'on ne s'en aperçoive pas. Et si on ne nous met pas le nez dessus, le marketing fera tout pour nous faire oublier cette arnaque.

A la fin de la vidéo de Burger King, l'enseigne propose à ses client·e·s d'interpeller le Congrès pour faire passer une réforme contre la taxe rose.

En effet, une loi est actuellement débattue au Congrès américain à propos de cette problématique économique qui touche les femmes partout dans le monde. La loi Pink Tax Repeal Act est soutenue depuis avril par la députée de l'Etat de Californie, Jackie Speier. La loi n'en est qu'au début du travail législatif, mais plusieurs associations de défense des consommateurs y sont favorables. Elle permettrait à l'agence publique de la Federal Trade Commission de prendre des actions contre ces pratiques discriminatoires pour les femmes.

Cette proposition de loi s'appuie sur un rapport du Departement of Consumer Affairs de New York datant de 2015 et qui a trouvé que pour un même produit, les femmes payait 7 % plus cher en moyenne que les hommes. En France, si un tel rapport effectué au niveau national a bien été rendu en 2016, aucune mesure n'a été prise contre cette discrimination économique.