Aussi bien objet d'admiration pour certains que de haine pour d'autres, Sydney Sweeney semble, quoi qu'elle fasse, porter le fardeau des femmes. Le 12 février, une de ses publications a mis le feu aux poudres. Cette fois pas de "jean bleu" ou de "gènes de femme mince" au programme. Pas d'approbation de Donald Trump non plus, thanks god.
Seulement une vidéo postée sur son compte Instagram. Dans ce qui ressemble à un clip des années 2 000, on voit la star d'Euphoria errer dans les rayons d'un supermarché américain, soutien gorge apparent, défiant avec morgue la caméra de surveillance. Peu à peu, elles et les autres figurantes, tout aussi critères contemporains de beauté friendly qu'elle, mettent la supérette à sac à coup de paquets de céréales renversés et de stripteases réalisés au rayon frais.
Une proposition artistique entre second degré et réécriture d'un film de Tarantino façon female gaze, où l'actrice s'hypersexualise volontairement, comme elle l'a déjà fait par le passé. Une manière un peu rebattue d'attirer l'attention pour vendre, ou continuité puissante d'une démarche de réapproriation du corps des femmes par elles-mêmes ?
En tout cas, le clip n'oublie pas son objectif : promouvoir la marque de sous vêtements fraîchement fondée par l'australienne, SYRN. "La première collection ludique sort mardi 17 février", écrit-elle en légende.
Mais, sur la Toile, ce ne sont pas les bodys en dentelle à 98 dollars qui ont fait réagir. Plutôt le contenu de la publication en lui-même, jugé "stupide", "vulgaire" ou "profondément embarrassant" par certains. Ou, au contraire, 100% réussi pour d'autres, qui jugent que Sydney casse une nouvelle fois internet.
Quant à la mise en scène, elle est aussi sujet à débat. L'interprète de La femme de ménage s'adonne-t-elle au poverty play en feignant ainsi de faire ses courses comme toute personne normale qu'elle n'est pas ? Une internaute ironise : "Ça fait toujours bizarre de voir des riches faire semblant d'avoir mon style de vie, lol".
Pourtant là, aussi, on peut s'interroger : la fiction ne consiste-t-elle pas à pouvoir raconter autre chose que sa vie ? La publicité, en particulier, a un but primaire : vendre. Et ce, en faisant parler, de préférence.
Pari réussi dans ce cas pour Sydney Sweeney. Répondra-t-elle à cette micro polémique qui enfle, ou laissera-t-elle le temps faire, comme après la diffusion de la publicité American Eagle ? Pour rappel, elle avait réagi seulement des mois après, arguant que quand elle voudrait "s'exprimer sur un sujet ou sur un autre, les gens le sauront".