Pourquoi regarder "Handigang", le téléfilm TF1 qui traite (enfin) du handicap

Dans "Handigang", fiction diffusée ce lundi 2 mai sur TF1, Théo Curin, nageur paralympique multi-médaillé, interprète Sam. Un lycéen qui lutte avec ses ami·es de lycée contre le validisme de la société.
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C'est un sujet qui est encore trop peu abordé, d'autant plus en prime time et avec de surcroît une personne concernée comme interprète principal. Dans Handigang, téléfilm diffusé ce lundi 2 mai sur TF1, le nageur quadri-amputé et multi-médaillé Théo Curin interprète Sam, un lycéen qui se heurte à l'inaccessibilité des locaux aux personnes handicapées. Avec ses ami·es, il mène des actions pour faire bouger les choses et rendre l'espace sûr et adapté à tou·te·s. Mais ce n'est pas tout, c'est aussi une histoire d'ado, de famille (sa mère, Nina, est interprétée par Alessandra Sublet) et des problèmes communs à tou·te·s les camarades de classe.

Un message puissant sur lequel l'athlète de 22 ans s'est exprimé auprès de Télé Loisirs le 2 mai dernier, qui lui a demandé pourquoi il a accepté de jouer dans ce long-métrage.

"Pour le scénario", a répondu Théo Curin. "Parler de handicap pendant 90 minutes, avec des scènes que l'on ne voit pas d'habitude à la télévision française, c'est fort ! D'ordinaire, le personnage handicapé ne fait pas de vague, il est mignon. Là, Sam se fait casser la gueule, fume un joint, répond à sa mère et à ses profs... Et puis, ce téléfilm dénonce mais n'est pas en permanence dans la revendication."

"Il faut qu'on soit tous porte-parole des uns et des autres"

Le champion, qui a perdu ses quatre membres après une méningite à 6 ans et intégré à 13 ans le pôle handisport de natation à Vichy, développe davantage : "Le film dénonce des choses importantes pour moi. Mais ce que j'aime aussi, c'est casser les codes. Moi parler de handicap, ça me gêne, ça met trop de catégories entre les gens, je préfère parler de différences."

Et d'ajouter : "Je pense qu'il n'y a pas besoin d'un porte-parole pour les handicapés, ni pour les homosexuels. Il faut qu'on soit tous porte-parole des uns et des autres. Il n'y a pas besoin d'être homosexuel pour parler d'homosexualité, il n'y a pas besoin d'être handicapé pour parler de handicap."

Après la fiction, son prochain projet n'est autre qu'un nouveau défi sportif : "Le marathon aquatique Santa Fe-Coronda, en Argentine, soit 57 km et 16 h de nage non-stop !" Inspirant.