Face à la culture de l'impunité : sororité !

Manifestation féministe
Manifestation féministe
Elles sont 250 jeunes femmes, lycéennes, étudiantes, militantes. Comme tant d'autres, elles subissent, au quotidien, les violences sexistes et sexuelles. Et elles refusent ces mots, ces actes, ces discriminations, ces silences. Alors que ce week-end sera rythmé par la marche #NousToutes le 24 novembre et par la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes le 25 novembre, Terrafemina publie la tribune de ces femmes qui réclament la fin de l'oppression et de l'impunité. Parce qu'elles ne peuvent plus laisser faire, parce qu'elles ne peuvent plus se taire.
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Nous nous appelons, Camille, Carina, Isma, Laura et Sarah.

Nous, jeunes femmes, lycéennes et étudiantes, refusons de nous taire face aux violences sexistes et sexuelles dont nous sommes quotidiennement la cible, et ce, en toute impunité. Alors que partout dans le monde les femmes réclament la fin de l'oppression, nous payons encore tout au long de notre vie les conséquences d'une société demeurant patriarcale.

Ainsi, dans la rue, nous avons développé nos propres techniques de survie frôlant le sixième sens. Nous refusons que les générations futures soient elles aussi dans l'obligation de vivre dans la peur, et ce, à cause de la domination masculine encore visible dans l'espace public. Le quotidien de chacune est rythmé par les insultes, humiliations et regards soutenus nous déshumanisant et faisant de nous des "bouts de chairs ambulants". Ceci n'est pas un euphémisme, mais bel et bien la réalité vécue par les femmes.

Nous, femmes plurielles, payons chaque jour, le prix de nos différences, de nos choix vestimentaires, de nos relations amoureuses et sexuelles, et de notre comportement dans l'espace public. Nous souhaitons réaffirmer que notre présence dans chaque lieu et à toute heure de la journée et de la nuit est légitime.

Nous supportons aussi ce calvaire dans un lieu où l'apprentissage s'effectue très tôt et se poursuit jusqu'à l'âge adulte : l'école. Des humiliations sexistes dans les salles de classe aux agressions sexuelles, nous, jeunes femmes, grandissons dans un environnement où nous nous sentons dévalorisées, humiliées et réduites à l'état d'objet. Il est intolérable qu'encore aujourd'hui les lycées et universités demeurent des terreaux fertiles à la perpétuation des discriminations et violences sexistes et sexuelles. Nous dénonçons cette éducation à deux vitesses, où la tenue vestimentaire des jeunes femmes semble être plus importante que leurs compétences intellectuelles, et où l'on préfère mettre en péril leur éducation et leur épanouissement personnel, plutôt qu'apprendre aux hommes à respecter les femmes.

Le féminisme est un devoir


"Portez-plainte !" nous dirons-nous. Mais alors que seulement 1% des viols sont condamnés, tout porte à croire que l'on incite les femmes à se terrer dans le silence.

S'il est certain que ces violences nous touchent toutes, certaines d'entre-nous sont également les cibles de multiples formes de discriminations violentes et dégradantes liées à leurs religions supposées, leurs origines, leurs orientations sexuelles, leurs physiques etc. Ainsi, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles doit aller de pair avec la lutte contre le racisme, la LGBTIphobie, le validisme, la grossophobie ou encore l'islamophobie. Ces discriminations rendent les femmes encore plus vulnérables. Nous soutenons chaque femme et chaque personne se définissant comme telle, dans ses choix vestimentaires, ses choix de vie, et son souhait de disposer de son corps comme elle le souhaite.

La pauvreté est sexiste, et nous la dénonçons : les jeunes femmes sont les principales victimes des emplois précaires, des mauvaises conditions de travail, des temps partiels imposés et de la non-prise en considération de leurs besoins biologiques.

Nous ne pouvons tolérer ces inégalités et patienter jusqu'à 2168 pour parvenir à l'égalité salariale entre les femmes et les hommes, et nous nous révoltons contre la culture d'impunité qui perdure et banalise le harcèlement sexuel au travail. De plus, la "taxe tampon", bien que revue à la baisse, constitue encore une violence économique contre les femmes, dont les jeunes femmes précaires sont particulièrement vulnérables. Nous refusons que nos menstruations renflouent à nos dépens les caisses des entreprises et exigeons un véritable accompagnement de l'Etat.

Alors que l'égalité entre les femmes et les hommes devait être la "grande cause du quinquennat" du président Macron, nous constatons qu'une fois de plus, la vie des femmes est reléguée au second rang. Le féminisme ne peut être un badge à arborer lors de grands meetings permettant aux politiques d'avoir la conscience tranquille. C'est un engagement personnel et collectif, c'est un devoir, c'est un changement radical de société à réaliser tou.te.s ensemble. Le destin de la moitié de la population de ce pays doit avoir plus de visibilité et être réellement pris au sérieux.

Manifestation féministe
Manifestation féministe

Nous refusons d'être bâillonnées, invisibilisées et réduites au silence

Nous refusons ainsi que notre cause soit une énième fois instrumentalisée par le gouvernement et exigeons un plan d'urgence national oeuvrant dès le plus jeune âge pour éradiquer les violences sexistes et sexuelles faites aux filles et aux femmes.

Les lycées, les universités et établissements d'enseignements supérieurs, demeurent des hauts lieux de reproduction des stéréotypes de genre avilissant et humiliant pour les femmes. Or, l'idéal républicain d'émancipation à travers l'éducation ne demeurera qu'un mythe si la moitié des élèves y sont discriminées pour la seule et unique raison d'être une femme ou de se définir comme telle.

Nous refusons d'être bâillonnées, invisibilisées et réduites au silence. Nous ne nous excuserons pas d'être diverses et d'avoir fait le choix de ne pas rentrer dans le schéma imposé de l'hétéronormativité. Nous sommes des millions de femmes indignées et actrices du changement, bien décidées à faire sororité car notre diversité est notre force. Le 24 novembre, nous investirons la rue main dans la main pour crier de toute notre âme notre ras-le-bol et notre détermination à faire de cette société un monde meilleur pour les jeunes femmes d'aujourd'hui et de demain.

Nous Toutes, le 24 novembre, nous marcherons ensemble, unies, et en communion pour crier toutes d'une seule voix la fin de l'impunité et affirmer notre sororité face aux violences sexistes et sexuelles !

Liste des signataires :

Anne (Employée)
Fanny (Étudiante)
Alice (Étudiante)
Lucie (Jeune diplômée)
Lisa (Étudiante)
Florencia (Employée)
Manuela (Étudiante)
Elsa (Étudiante)
Louise (Etudiante)
Lucie (Lycéenne)
Bétina (Etudiante)
Chloé (Étudiante)
Margaux (Étudiante)
Marion (Auto-entrepreneuse)
Juliette (Étudiante)
Joséphine (Étudiante)
Marie (Étudiante)
Camille (Étudiante)
Emma (Étudiante)
Anaë (Étudiante)
Lou (Étudiante)
Mélissa (Étudiante)
Eloise (Professeure de français)
Elise (Bibliothécaire)
Matisse (Jeune travailleuse)
Elodie (Étudiante)
Lisa (Étudiante)
Estelle (Commerçante)
Alice (Étudiante)
Angélique (Lycéenne)
Julie (Étudiante)
Math (Étudiante)
Clara (Étudiante)
Mélia (Ancienne étudiante)
Lilou (Étudiante)
Elsa (Étudiante)
Anna (Enseignante)
May (Indépendante)
Elodie (Enseignante)
Margaux (Étudiante et créatrice)
Jasmine (Étudiante-salariée)
Jessie (Étudiante)
Léa (Étudiante)
Anne-Laure (Ingénieure)
Ninon (Lycéenne)
Audrey (Jeune salariée)
Morgane (Étudiante)
Anna (Lycéenne)
Fiorella (Salariée)
Koudji (Étudiante)
Alicia (Étudiante)
Pauline (Étudiante en arts du spectacle)
Louison (Étudiante)
Amandine (Auto-entrepreneuse)
Cécile (Étudiante)
Lucile (Étudiante)
Lisa (Étudiante)
Julia (Étudiante)
Naomie (Étudiante)
Lison (Licenciée)
Celia (Précaire)
Pyrène (Salariée)
Sabine (Etudiante)
Salomé (Lycéenne)
Séverine (Étudiante)
Suzy (Étudiante)
Virginie (Étudiante)
Zoé (Étudiante)
Aissia Abdelmoumen (Étudiante)
Elise Aebischer (Conseillère Régionale)
Allison Alvarez Salazar (Auto-entrepreneuse)
Giulia Aurrand-Lions (Étudiante)
Chloé Azema-Dupavillon (Étudiante)
Lisa Barthe (Étudiante)
Claire Bazin (Étudiante)
Camille Beau (Militante)
Lucile Beaudouin (Comédienne)
Marion Beauvalet (Étudiante)
Margot Belair (Militante)
Annabel Ben (Étudiante)
Anissa Benaissa (Militante féministe antiraciste)
Isma Benboulerbah (Militante féministe antiraciste)
Albane Bernard (Étudiante)
Camille Bernard (Ecologue)
Camille Bernard (Jeune active)
Flavie Bertaut (Étudiante en droit)
Annabel Bligny (Étudiante)
Nina Bonhomme (Étudiante)
Alice Bosler (Militante dans une organisation politique)
Léa Bouchier (Étudiante)
Coline Bouret (Étudiante)
Laetitia Boutrais (Militante dans une organisation politique)
Loane Brault (Étudiante)
Emma Brink Morison (Lycéenne)
Clara Brun (Lycéenne)
Noémie Cado (Étudiante syndicaliste)
Marie Caillabet (Étudiante militante)
Charline Casemajor (Étudiante)
Mathilde Castanié (Militante féministe et étudiante en histoire)
Eve Castella (Lycéenne)
Malcy Cathelineau (Militante féministe et écologiste)
Mathilde Chanfreau (Service civique)
Faustine Charles (Étudiante)
Lucile Chaussoy (Étudiante)
Anne-Sophie Clerc (Agente de bibliothèque)
Manon Coléou (Jeune précaire)
Lolita Cornuaud (Étudiante)
Jennifer Cros (Citoyenne)
Lorna Dallery (Jeune maman de 20 ans)
Hélène Davenne (Educatrice de jeunes enfants)
Claire Defendini (Étudiante)
Marie Defendini (Infirmière en réanimation)
Fatima Dembele (Chercheuse)
Mirza-Hélène Deneuve (Étudiante trans)
Manon Devaux (Étudiante)
Inès Dm (Professeure)
Adriana Domagala (Diplomate)
Clara Drowart (Étudiante)
Anne-Marie Dupavillon (Enseignante)
Lucile Dupuy (Jeune Active)
Auriane Duroch-Barrier (Étudiante)
Bérénice Fortier (Étudiante, présidente d'association)
Julia Fuentes (Étudiante)
Carina Garcia Obregon (Étudiante)
Lauranne Garcia-Cousteau (Étudiante)
Julia Garnier (Militante)
Lucile Gelineau (Chômeuse)
Célia Gibassier (Militante)
Berteline Gomilia (Lycéenne)
Lémima Guez (Étudiante en Lettres)
Chloé Guilhem (Étudiante et photographe)
Noaïma Henry (Étudiante)
Margaux Herbin (Jeune femme féministe)
Mira Herzberg (Lycéenne)
Juliette Hoslet (Étudiante)
Elsa Houdremont (Étudiante)
Pauline Huguenel (Étudiante)
Isabelle Ingold (Monteuse-réalisatrice)
Claire Jacquin (Coordinatrice nationale d'une organisation politique)
Lily Jaillard (Étudiante)
Amélia Jaunet (Étudiante)
Louise Jean Campana (Étudiante)
Mélina Josselin (Étudiante en philosophie)
Laura Jovignot (Militante)
Elsa K. (Doctorante en sociologie)
Natalia Kovachevski (Artiste photographe)
Jade Langlois (Jeune active)
Nina Laurent (Étudiante)
Johanna Lechable (Juriste)
Amelie Lejas (Étudiante)
Lina Leray (Lycéenne)
Elyse Lethuillier (Jeune précaire et militante)
Marie-Amélie Lorho (Étudiante et militante)
Charlotte Loubet (Lycéenne)
Marine Luce (Étudiante)
Jeanne Luneau (Étudiante)
Justine Madiot (Étudiante)
Maïtena Mainard (Étudiante)
Clara Malaterre (Étudiante musicienne)
Lucie Malevialle (Étudiante)
Floréane Marinier (Journaliste)
Caroline Martin (Étudiante)
Mathilde Maugarny (Lycéenne)
Angélique Mazollier (Étudiante)
Josina Mendy (Chargée de communication)
Nolwenn Mespoulède (Bénévole)
Charlotte Meyer (Présidente d'un journal)
Manon Milcent (Étudiante)
Anahi Miranda (Étudiante)
Apolline Morinière (Étudiante)
Marion Muller (Étudiante)
Camille Mulvet (Étudiante)
Laure Pallas (Étudiante)
Lucie Pelé (Lycéenne)
Laura Pfister (Vice-présidente d'un syndicat lycéen)
Chloé Pinaud (Étudiante, membre associatif)
Pauline Pinelli (Entrepreneuse)
Loli Pinet-Martyn (Lycéenne)
Anouk Pisaneschi (Étudiante)
Léa Prati (Étudiante)
Pauline Radou (Étudiante)
Aube Rakedjian (Lycéenne)
Charlotte Renard (Étudiante)
Audrey Risser (Jeune active)
Marion Rivet (Étudiante et militante)
Aëla Rivoallon (Étudiante)
Nina Romero Molina (Étudiante)
Morgane Rosais (Étudiante)
Camille Rousseau (Étudiante)
Emilie Seguinot (Jeune femme active)
Hazel Seite (Étudiante)
Anaïs Seznec (Étudiante)
Mila Sher (Lycéenne)
Laura Simon (Étudiante)
Océane Tahoret (Étudiante)
Mina Tahri (Travailleuse sociale)
Clara Tasseur (Étudiante)
Lola Terrier (Lycéenne)
Mathilde Tessier (Doctorante)
Juliette Thibault (Militante)
Lauriane Thllr (Étudiante)
Anaïs Tinel (Étudiante)
Camille Toulhoat (Étudiante)
Emilie Tran (Lycéenne)
Maud Trétout Carrel (Lycéenne)
Dominique Trichet-Allaire (Militante)
Mélanie Truffaut (Ingénieure)
Barbara Vallée (Volontaire en service civique)
Ambre Vallet (Lycéenne)
Manon Vautier (Étudiante)
Claire Veillard (Étudiante)
Pauline Verdier (Étudiante)
Léa Vermersch (Étudiante)
Gaby Versluys (Étudiante)
Justine Vial (Étudiante)
Justine Vial (Étudiante)
Marouchka Vieuille (Lycéenne)
Inès Vincent (Étudiante)
Lorelei Wagner (Étudiante)
Maureen Werner-Tretout (Salariée)
Alexandra Zalcman (Étudiante)
Quena Villar (Lycéenne)
Rachel Messaoui (Féministe)
Ransa Marsali (Militante féministe)
Romane Denoel (Étudiante)
Rosalie Schwanne (Jeune diplômée)
Rose Duvivier (Lycéenne)
Roxane Hovhannessian (Étudiante)
Roxane Lundy (Militante)
Sabrina Rachel Benmokhtar (Militante dans une organisation politique)
Sadia Mandjo (Journaliste)
Sahra Zahra (Militante)
Sarah Rogers (Étudiante)
Sarah Gravier (Lycéenne)
Sarah Urben (Travailleuse)
Sarah Laalaj (Juriste)
Shanley MacLaren Clemot (Étudiante)
Solene Vidal (Étudiante)
Solveig Drexel (Lycéenne)
Sonia Desmeules (Étudiante)
Stacy Mauros (Lycéenne)
Stephane Germain (Étudiante)
Suzanne Terrier (Étudiante)
Tara Lacroix (Militante)
Tarja Fauvet (Militante)
Tiphaine Courcelle (Étudiante)
Valentine Botteri (Étudiante)
Vivianne Perelmuter (Réalisatrice)
Wiame El Assmaoui (Étudiante)
Yuna Drogou (Étudiante)
Zoé Dubois (Étudiante)