Kristen Stewart explique la raison pour laquelle en 2017, en plein direct du Saturday Night Live, elle a fait son coming out lesbien, qui a tant fait parler de lui à l'époque - et nous apparaît si banal aujourd'hui, alors que la comédienne a célébré ses fiançailles avec sa chère et tendre. Et l'icône queer d'envoyer valser les lesbophobes avec une certaine jubilation, et parmi eux, le plus connu des détracteurs de la communauté LGBTQ+ - vous devinez certainement qui.
« Et Donald, si tu ne m'aimais pas à l'époque, tu ne m'aimeras probablement pas maintenant non plus, parce que je présente le SNL et que je suis, genre, tellement gay, mec. », a effectivement harangué l'actrice américaine, qui est récemment passée à la réalisation avec le film-choc The Chronology of Water. Sous les hourras du public, l'interprète lesbienne la plus connue au monde s'est plu à rhabiller pour l'hiver le fameux Donald - dont vous reconnaissez potentiellement l'identité.
« Je ne voulais pas me dissimuler au monde qui nous entoure. Je voulais la définir, la rendre plus ouverte et tolérante. C'est pourquoi j'ai pensé qu'il était nécessaire de… Je tenais déjà la main de ma petite amie », a développé la comédienne aujourd'hui, en interview, pour expliquer le pourquoi de son coming out lesbien. Car oui, il est toujours aussi importent, et c'est malheureusement quelque chose de très incompris, de se dire, publiquement, homosexuel, ou lesbienne. Le dire, c'est rendre visible.
Souvent, les voix les plus sonores, et pas les plus pertinentes, répètent : "c'est la vie privée", "on s'en fiche !". Ne comprenant pas que la cause queer et la défense des droits de la communauté LGBTQ+ restent indissociables du coming out, de la mise en avant des paroles gays. Non, ce n'est pas intime : c'est politique.
Kristen Stewart ravive l'importance du coming out. Lesbien, homosexuel : faire son coming out prouve que le privé est politique. C'est un geste militant.
« Je n'ai jamais eu l'impression de cacher quoi que ce soit dans mes relations. Je veux qu'on me connaisse. J'avais le sentiment que c'était déjà le cas, alors je n'éprouvais pas le besoin d'en rajouter. Mais à ce moment-là, j'ai eu le sentiment que c'était une prise de position qui pourrait bien ouvrir des portes aux autres. », épilogue encore la superstar de Twilight, qui a bien évolué depuis les premiers opus de la saga vampirique. Aujourd'hui, elle assume complètement ce qu'elle est.
Il faut l'accent sur ces mots d'Alice Coffin à Terrafemina sur le fameux débat "lesbienne ? on s'en moque, c'est privé" qui ne tiennent vraiment pas debout si on y réfléchit deux secondes : "Comment dénoncer les problématiques si on refuse de les voir et de les nommer ? C'est ne pas reconnaître qu'elles existent sous couvert d'un "on s'en fout". Il y a un déni général. C'est comme si les médias ne souhaitaient même pas commencer à en parler. Le mot "lesbienne" a en lui une autre résonance et met en panique les hommes. Il est davantage interprété comme un défi au masculin. Et ça, ça m'intéresse ! Le rejet de ce mot en dit long sur sa force"
"Les femmes lesbiennes souffrent à la fois d'une condamnation homophobe de base, et d'une silenciation sexiste. Ces deux choses assemblées, être lesbienne devient carrément un non-sujet", dénonce l'autrice de Comment devenir lesbienne dans cette investigation sur la haine anti-lesbiennes en France.
En France, des personnalités telles que Muriel Robin ou Lucie Castets ont à l'unisson précisé pourquoi le coming out lesbien compte autant. Lucie Castets : "C’est d’une très grande violence ces gens qui disent “on s’en fout”... Le simple fait de le clamer est le signe qu’ils ne s’en foutent pas vraiment ! Un coming out, ce n’est pas de la publicité, ça apporte plutôt de l’hostilité qu’autre chose". CQFD ?