L'une des plus grandes voix de la cause féministe en France a encore frappé.
Alors qu’elle a publié son dernier ouvrage, Slut Shaming, ce 8 janvier 2026, Ovidie est revenue sur les origines de ce terme dans l'émission On a du nouveau de NOVO19, la chaîne de télévision du groupe Ouest-France.
“Le slutshaming c’est la stigmatisation des femmes pour leur sexualité prétendue ou réelle. Je dis prétendue parce que ça peut aussi être juste une rumeur”, commence la journaliste et ancienne actrice X, rappelant que cette stigmatisation peut commencer tôt dans la vie d’une femme, dès les banc de l’école, au collège ou au lycée. “On a tous connu celle qu’on appelait “la sal*pe du lycée” et en général qu’on ne respectait pas et ça continue quand on est dans notre vie d’adulte”, regrette-t-elle.
Un phénomène principalement perpétré par les hommes et dont peu sont véritablement épargnées aujourd’hui. “Toutes les femmes se sont déjà fait traiter de salope au moins une fois dans leur vie.”
S’il arrive que des femmes fassent du slut shaming “dans une stratégie de survie, pour se protéger elles-mêmes”, rappelle Ovidie, le phénomène reste effectivement principalement masculin. “Ce sont des hommes qui n’ont effectivement pas de considération pour les femmes et pour les choix qu’elles peuvent faire ou qu’elles ne font pas”, ajoute-t-elle, précisant que certaines femmes victimes de viol subissent parfois la double peine du slut shaming derrière.
Elle regrette également l’absence d’équivalent en français au mot slut shaming. “En général, quand il n’y a pas de mot pour nommer quelque chose, ce n’est pas bon signe : il y a un peu cette idée que ce qu’on ne nomme pas n’existe pas, et pourtant ça existe bel et bien. Ça veut dire que c’est aussi une cause dont on a pas envie de s’emparer.”
Une interview qui divise. SI beaucoup applaudissent “une femme d’une intelligence rare, mais tellement bénéfique”, d’autres (majoritairement des hommes) n’ont pas pu s’empêcher d’y aller de leur désormais traditionnel et célèbre “ouin-ouin”, dont on se serait bien passé. “Dingue, les commentaires des hommes. Soit ils renversent le sujet (faut parler d'eux, centre du monde), soit ils sont dans le déni”, a très bien résumé l’un d’eux.
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