Cette star de téléréalité est vivement critiquée par les personnes LGBTQ en ligne suite à ses propos plus que déroutants sur l'homophobie. Elle accuse les personnes concernées de vouloir la faire culpabiliser sur son hétérosexualité. Mais de quel côté la honte se situe-t-elle vraiment ? Décryptage.
Effectivement, l'influenceuse Maeva Martinez, révélation de l'émission Secret Story, s'est exprimée ainsi face à l'intervieweur Sam Zirah : "On a presque honte d'être hétéro face aux LGBTQI blablablablabla. Moi j'ai fait plein de trucs dans ma vie, et je suis pas tout ça". Détaillant encore sur un ton très agacé que les personnes gays seraient en quelque sorte oppressifs envers les hétéros.
C'est bien réel comme assertion, ce n'est pas une blague.
"Elle devrait plutôt avoir honte de tenir ce genre de propos", fustige la créatrice de contenus Laurianne Beguin non sans ironie. Tout en prenant la parole sur ce sujet important : "Je te souhaite de te faire insulter, de recevoir des menaces de mort en DMs, ou des propositions chelous de plans à trois, de risquer ta vie juste parce que t'as osé embrasser quelqu'un du même sexe que toi, de ne pas pouvoir aller dans certains pays à cause de ton orientation sexuelle"
Sans s'arrêter là bien entendu. Les termes sont dits avec éloquence et netteté.
La créatrice de contenus queer Laurianne Beguin détaille encore le pourquoi de cette réflexion absurde. De quoi remettre les pendules à l'heure avant 2026. "Mais enfin la visibilité des uns n'a jamais effacé celle des autres, et l'hétérosexualité n'a jamais été stigmatisée. Dire que tu as honte d'être hétéro, vraiment ?", poursuit-elle sur le même ton.
CQFD.
Ce n'est pas peu dire alors que l'homophobie, mais aussi la lesbophobie, fait rage, en France, et ailleurs.
C'est ignorer les discriminations subies par les personnes queer que de tout ramener encore et toujours à l'hétérosexualité, qui est un privilège. Et l'oratrice de développer de nouveau son point de vue : "L'hétéro dans notre société est celui qui n'a jamais eu besoin de se justifier car l'hétérosexualité a toujours été la norme. Ce qui dérange cette dame c'est juste qu'on parle beaucoup plus des sujets LGBTQ qu'avant et c'est tout"
A l'heure où les icônes lesbiennes ont défini pour une bonne part notre année 2025, entre Fatima Daas, la chanteuse Marguerite et son hit "Les filles, les meufs", certaines surprises du cinéma français comme Des preuves d'amour, ou encore la dernière série de Vince Gilligan, le créateur de Breaking Bad, où officie une protagoniste lesbienne, on préférera se concentrer sur le positif et prêter peu d'attention à celles et ceux qui cherchent à faire taire les femmes qui aiment les femmes.
"Les femmes lesbiennes souffrent à la fois d'une condamnation homophobe de base, et d'une silenciation sexiste. Ces deux choses assemblées, être lesbienne devient carrément un non-sujet", dénonce l'autrice de Comment devenir lesbienne dans cette investigation sur la haine anti-lesbiennes en France.
Alice Coffin, elle, dans son essai et manifeste de référence, Le génie lesbien, observe : "le coeur de la rhétorique lesbophobe c'est nier ta qualité de femme, te comparer à un homme pour te décrédibiliser, car on juge qu'une femme digne de ce nom est une femme hétéro. Autrement dit, une femme disponible pour les hommes".