6 000 plaintes pour agressions sexuelles contre Uber en deux ans aux Etats-Unis

6 000 plaintes pour agressions sexuelles contre Uber en deux ans aux Etats-Unis
6 000 plaintes pour agressions sexuelles contre Uber en deux ans aux Etats-Unis
La société Uber a rendu public jeudi 5 décembre un rapport concernant les violences sexuelles déclarées en 2017 et 2018. Rien qu'aux États-Unis, près 6000 agressions sexuelles ont été rapportées sur cette période. Et la France n'est pas épargnée.
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Alors que de nombreuses femmes font chaque jour le choix de rentrer en VTC pour plus de sécurité, les témoignages de violences sexuelles dans les Uber se multiplient en France autour du hashtag #UberCestOver .

Selon un rapport publié le 5 décembre dernier par Uber, la plateforme aurait reçu 5981 plaintes pour agressions sexuelles et viols entre 2017 et 2018 rien qu'aux États-Unis. Dans 92% des cas, les victimes étaient les usagères.

"Bien que rares, ces signalements représentent tous un individu qui a partagé une expérience très douloureuse. Même un seul signalement serait un signalement de trop", a déploré Uber auprès de l'AFP.

700 témoignages de femmes qui "voulaient simplement rentrer en sécurité"

Des chiffres glaçants, qui font écho aux nombreux témoignages en France de femmes victimes de leur chauffeur Uber. Le hashtag #UberCestOver a été lancé par la militante Anna Toumazoff sur son compte Instagram, Memes Pour Cool Kids Feministe, après avoir reçu le témoignage de Noémie, agressée il y a deux ans par son chauffeur Uber. Alors qu'elle avait signalé son agression auprès de Uber, la jeune femme s'est rendue compte, via un tweet, que son agresseur opérait toujours pour le service de VTC deux ans plus tard et avait agressé une autre utilisatrice, à nouveau pendant une course.

"Vous voulez toujours pas parler de vos chauffeurs agresseurs/violeurs multirécidivistes et du fait que vous les laissez en service, nous exposant toutes au pire ? Mieux encore, vous répondez à rien et effacez nos commentaires ? Pas de souci, mais nous on va vous inonder en tout cas. On est des milliers, on a nos clavier", écrivait Anna Toumazoff sur son compte Instagram le 20 novembre dernier.


L'appel a été entendu et les témoignages se sont rapidement multipliés autour du hashtag #UberCestOver. "J'ai reçu 700 témoignages", confie à L'Express Anna Toumazoff. 700 histoires de femmes "harcelées, agressées, violées" par des chauffeurs Uber alors qu'elles "voulaient simplement rentrer en sécurité".

Marlène Schiappa réagit sur Twitter


Alors que Londres a décidé de suspendre la licence de Uber en raison de risques pour la sécurité des passagers, la France devrait elle aussi s'emparer du problème. C'est du moins ce qu'a annoncé le 4 décembre dernier Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, sur Twitter : "Suite aux alertes #UberCestOver sur les violences sexuelles vécues par des femmes, je reçois la semaine prochaine la direction de @UberFR pour travailler sur la sécurité des utilisatrices de ce moyen de transport et contre l'impunité des agresseurs."

Pour rappel, Uber France annonçait en juin dernier la mise en place de courses gratuites pour venir en aide aux femmes victimes de harcèlement de rue. La société précisait à l'époque dans les colonnes de 20 Minutes : "60 % de nos utilisateurs Uber en Ile-de-France sont des femmes et les services VTC sont le deuxième mode de transports le soir pour rentrer chez soi. Et ce principalement pour des questions de sécurité." Une sécurité qui n'est clairement pas au rendez-vous aujourd'hui.