Une marque danoise scandalise avec ses cosmétiques pour vagin

La marque Perfect V lance des cosmétiques pour vagin
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Sérums, illuminateurs, exfoliants... La marque danoise Perfect V a sorti une collection de produits pour le sexe féminin. On ne sait plus si on doit rire ou pleurer.
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Vajazzling, paillettes de vagin ou encore vontouring. Lancée par Kim Kardashian qui s'était fait photographier en pleine séquence de maquillage des parties génitales, la nouvelle tendance de "mise en beauté" des parties intimes féminines a de quoi faire frémir. A l'instar de cette marque de cosmétiques danoise, Perfect V, qui propose des cosmétiques... pour la vulve. Illuminateurs, sérums, exfoliants "pour ajouter de la beauté au V" (=vagin, soyons claires). Des produits qui coûtent 42 livres (environs 46 euros) et qui sont disponibles dans le monde entier depuis le 27 juillet.

Produits de la gamme Perfect V
Produits de la gamme Perfect V

Ces produits sont supposés "renouveler et améliorer la peau, la rendant plus jeune et plus fraîche". Mais ça n'est pas tout. Il existe également une BB crème pour zone intime qui est une "formule hydratante luxueuse qui offre un rayonnement sur la peau, réduit les poils incarnés et calme les rougeurs". Et pour finir, la brume pour vagin ! Vous pouvez désormais brumiser votre vagin avec un parfum fabriqué avec de l'eau de fleur. Selon la marque, "la gamme est conçue pour garder votre "V" en forme, et vous sentir bien n'importe où".

Le diktat du paraître

Selon la sociologue Catherine Louveau, cette nouvelle tendance est dévastatrice. "Je vois une soumission aux injonctions de la société avec le développement de ces produits. C'est du marketing qui fait mal aux femmes. Il y a une injection de plaire au partenaire, de se soumettre au désir de celui-ci en plus du déni du naturel", confie-t-elle à 20 Minutes. "La tyrannie du travail de l'apparence impose d'être conforme aux normes du marché : ne pas être grosse, ne pas avoir de poils (...), ne pas avoir d'odeurs... On met les femmes, particulièrement les jeunes filles, face à la honte de ne pas être dans cette norme", souligne-t-elle.

La plasticienne et auteure, Laëtitia Bourget, est tout aussi sévère. Pour elle, dans une société où tout est standardisé, les femmes qui ne rentrent pas dans les cases sont vite cataloguées. "Au moment où la féminité est mise en défaut, les femmes en souffrent. Les injonction sur le corps sont insupportables", analyse-t-elle.

Plus radical que les cosmétiques : la chirurgie

Certaines femmes ont même recours à des chirurgies plastiques sur leurs parties intimes. Tétons, vulve... Toujours à la recherche de cette soit disant perfection. En 2015, plus de 95 000 labioplasties (chirurgie/injections au niveau de la vulve) ont été pratiquées à travers le monde ainsi que 50 000 vaginopasties selon la Société internationale de chirurgie esthétique. Elles se hissent désormais au 19e et 22e rang des opérations les plus pratiquées alors qu'elles étaient quasi inexistantes il y a cinq de cela. Les adolescentes sont les plus demandeuses de ce genre de pratiques. "Si je pouvais dire quelque chose aux femmes, je leur dirais : "Jouissez de vous-mêmes, de ce que vous êtes", proteste Laëtitia Bourget.

Nous, on a qu'une seule chose à dire : laissez nos vagins tranquille.