Le gang des Barbies a un tout nouveau membre.
Après la Barbie atteinte du syndrome de Dawn (trisomie 21), la Barbie aveugle et six mois après la commercialisation de sa Barbie diabétique munie d’une pompe à insuline, Mattel a annoncé ce dimanche 11 janvier le lancement d’une nouvelle poupée : la Barbie autiste, créée en partenariat avec le Autistic Self Advocacy Network (ASAN), une association de défense des droits des personnes atteintes d’autisme.
Une Barbie conçue pour "refléter authentiquement certaines expériences que les personnes atteintes du spectre autistique peuvent ressentir". Parmi ces éléments inspirés du vécu autistique, on retrouve notamment un casque antibruit, un hand spinner, soit un jeu sensoriel anti-stress, une tablette de communication, des vêtements amples adaptés aux sensibilités sensorielles ou encore des chaussures plates pour la stabilité.
Cette Barbie possède également un regard différent des autres, avec un regard très légèrement sur le côté.
"Cette poupée aide à élargir ce à quoi ressemble l’inclusion dans l’allée des jouets et au-delà, parce que chaque enfant mérite de se voir en Barbie", s’est félicité Jamie Cygielman, responsable mondiale des poupées chez Mattel dans un communiqué.
Sur le papier, l’initiative est louable et de nombreux internautes la saluent.
"J’ai l’impression d’être vue comme je ne l’ai jamais été auparavant (...) Merci d’avoir créé une poupée autiste qui est joyeuse et fabriquée avec tant de soin", a félicité une internaute américaine, visiblement émue de cette nouvelle.
Mais c’est loin d’être le cas de tout le monde.
En France, l’association SOS Autisme a même décidé de porter plainte contre Mattel. “Je trouve que cette Barbie autiste est une véritable honte, que c’est une discrimination envers les personnes autistes”, a déclaré Olivia Gattan, présidente de l’association à M6 Infos. En France, les troubles du spectre de l’autisme (TSA) représentent entre 0,9% et 1,2% des naissances, soit environ 7500 bébés chaque année. La Haute Autorité de Santé estime qu’environ 600.000 adultes sont concernés dans le pays.
"On ne peut pas représenter l’autisme avec des yeux de travers, un hand spinner dans la main et un casque sur les oreilles, continue la présidente de l’association. Cela propage des clichés et des discriminations contre lesquelles on se bat depuis la création de cette association."
Elle dénonce également un coup marketing.
"C’est un peu comme si on se servait de l’autisme pour redorer une image, pour dire ‘regardez on est inclusifs, on a une Barbie autiste’, mais ce n’est pas ça l’inclusion", regrette-t-elle. "Si Mattel voulait faire de l’inclusion on leur aurait proposé beaucoup de choses, ils auraient pu faire une campagne de communication ou embaucher des personnes autistes dans leur entreprise par exemple."
Argument de poids envers une entreprise déjà largement accusée de "feminism washing".