Porter plainte sans passer par le commissariat ? Le gouvernement teste

Des plaintes sans passer par le commissariat ? Le gouvernement veut tester
Des plaintes sans passer par le commissariat ? Le gouvernement veut tester
Dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes, le gouvernement veut expérimenter un nouveau dispositif : la possibilité de porter plainte "hors les murs", autrement dit sans passer par le commissariat.
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"L'étape du dépôt de plainte en commissariat peut-être angoissante pour les personnes victimes de violences sexuelles et sexistes. Pour une durée de 6 mois va débuter l'expérimentation du dépôt de plainte hors des locaux de Police 7j/7 et 24h/24". Voilà le message qu'a partagé la préfecture de police de Paris sur Twitter.

Ce 23 novembre, la préfecture de police de Paris et la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa ont annoncé le test d'un nouveau système de dépôt de plainte dit "hors les murs". Il se destine aux victimes de violences sexuelles et sexistes. Celles-ci témoignent régulièrement d'un mauvais accueil reçu au commissariat lors du dépôt de leur plainte. A travers, notamment, la mobilisation digitale #DoublePeine.

Ce protocole "hors les murs" est une réponse à ces témoignages, comme l'analyse le Huffington Post. Dans le cadre de leur plainte, les victimes pourront dès lors contacter les forces de l'ordre par téléphone (3430 pour Paris, 01.71.92.63.00 pour Saint-Denis) ou encore remplir un formulaire sur le site de la préfecture de police.

"Nous sommes partis du principe que beaucoup de femmes n'osent pas se rendre au commissariat ou en gendarmerie pour porter plainte pour des violences conjugales, sexistes ou sexuelles. De peur d'être mal reçues, d'être vues ou reconnues", explique Marlène Schiappa à 20 Minutes. "D'où ce dispositif de plainte chez autrui que nous appelons 'Hors les murs'. Il va donner la possibilité aux victimes de porter plainte depuis n'importe quel lieu. Que ce soit chez un ami, dans une mairie, dans les locaux d'une association, dans le cabinet d'un avocat, il sera possible d'avoir un policier ou un gendarme qui se déplace pour venir recueillir la plainte."

Un nouveau dispositif qui intervient alors que le ministère de l'Intérieur a annoncé une hausse de 10% des victimes de violences conjugales en 2020.

Une phase de test

Seules les victimes dépendant des commissariats du 13e arrondissement de Paris, du 14e et de Saint-Denis auront accès à ces dispositifs le temps de la phase de test - autrement dit, ces six prochains mois. Un accès à domicile, mais aussi dans les structures d'accueil, hôpitaux et associations.

"La police et ses partenaires sur le terrain travaillent main dans la main pour mieux protéger les femmes victimes de violences conjugales, comme à Paris avec la plainte "hors les murs". Lorsque les victimes de violences conjugales se tournent vers les policiers et gendarmes l'accueil doit être irréprochable. 100% des plaintes doivent être prises, transmises, qualifiées", a assuré Marlène Schiappa sur son compte Twitter.

Dans les pages de 20 Minutes, la ministre ajoute : "Cela permet de judiciariser les violences sexistes et sexuelles en répondant aux obstacles qui se dressent entre la victime et la plainte". Et revient notamment sur le mouvement #DoublePeine : "Nous avons opéré une révolution dans la formation des forces de l'ordre. C'est un constat de longue date que les réactions ne sont pas à la hauteur. On a pu rapporter des policiers demandant à une femme victime de viol si elle avait joui ou si elle avait souri. C'est inadmissible".