#DoublePeine : les victimes de violences sexuelles témoignent du mauvais accueil lors de la plainte

Avec #DoublePeine, les victimes de violences sexuelles témoignent du mauvais accueil au commissariat/photo d'illustration
Avec #DoublePeine, les victimes de violences sexuelles témoignent du mauvais accueil au commissariat/photo d'illustration
Sur Twitter, le mot-clé #DoublePeine invite les victimes de violences sexuelles à témoigner de leur mauvais accueil au sein des commissariats. Des paroles essentielles.
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"Au commissariat central de Montpellier, on demande aux victimes si elles ont joui. Et on explique aux victimes de viol qu'une personne qui a bu est forcément consentante". Ce témoignage glaçant émane de l'activiste digitale Anna Toumazoff. Sur sa page Instagram, la militante féministe a poursuivi : "Dans ce commissariat, on refuse de recevoir des victimes de viol en raison de leur tenue. On les recale, malgré leur visage tuméfié, en leur riant au nez".

Une publication qui a engendré près de 50 000 likes et généré de très nombreux commentaires. "#DoublePeine : Montpellier, on fait quoi ?", a ajouté Anna Toumazoff. Un post qui a suscité une abondance de réactions. Sur Twitter, le mot-clé #DoublePeine incite ainsi les victimes de violences sexuelles à témoigner de leur accueil au sein des commissariats. "Aujourd'hui, mobilisons-nous pour une meilleure prise en charge de nos plaintes pour viol ou tentative de viol dans les commissariats !", commente à ce titre la journaliste Constance Vilanova.

Des témoignages accablants

Les témoignages de victimes se suivent sur la plateforme et sont plus accablants les uns que les autres.

"En voulant aller poser une main courante pour agression sexuelle, la policière m'a demandé pourquoi j'avais fait dormir chez moi l'ami qui m'a agressée et m'a certifié 'qu'un homme ça reste un homme', comme si c'était une évidence", "Être victime. Déposer plainte. 6 mois. 1 an. Pas de nouvelles. Apprendre par des connaissances qu'une enquête est en cours. Apprendre qu'on interroge tes potes, qu'on leur demande si t'es du genre à mentir. Toujours pas de nouvelles. Être traitée comme de la merde"...

"Au commissariat du 15eme, plainte pour harcèlement et exhibition sexuelle, un gradé me coupe la parole dans le hall : 'Le harcèlement sexuel, ça n'existe pas', et me demande pourquoi je viens 'seulement maintenant'. Je suis venu à 19h pour des faits arrivé à 11h", "Après avoir vu un exhibitionniste se masturber dans un lieu public vide, les flics ne m'ont même pas proposé de porter plainte. Ils ont juste trouvé le bon goût de me rassurer en me disant que "ce genre de mecs ne passent jamais vraiment à l'acte". Ah cool", peut-on encore lire.

"On paye nous pour notre suivi psy après un tel trauma, on gère nous même notre choc post-traumatique. On est seule. Seule. Même face à la police. Seule. On porte tout, seule. Donc si, pour se faire entendre il faut passer par un mot-dièse alors : go. Pour nous, victimes, porter plainte, témoigner auprès d'un commissariat pour violences sexuelles c'est une #DoublePeine. Et ca m'est arrivé moi aussi", a poursuivi Constance Vilanova.

En mars dernier, le collectif féministe #NousToutes avait déjà recueilli 3 500 témoignages de femmes évoquant sans détour la mauvaise prise en charge de leurs plaintes au sein des commissariats.

"Des témoignages accablants indiquent que rien ne change dans les commissariats, pendant que Gérald Darmanin se focalise sur une nouvelle signalétique inefficace", déplore en retour la députée de la France Insoumise Bénédicte Taurine sur Twitter. Un constat cinglant particulièrement partagé sur les réseaux sociaux.