"Halal police d’état" : humour et de dérision autour de la discrimination

"Halal police d’état" : humour et de dérision autour de la discrimination
"Halal police d’état" : humour et de dérision autour de la discrimination
Une bonne dose de second degré sera nécessaire pour apprécier ce film. Film comique sur fond de clichés et de stigmatisation ethnique, ce long-métrage réalisé par Rachid Dhibou et sorti mercredi vous promet de grands moments de rires et de délires, si les vannes et les clichés sur votre origine ne vous dérangent pas, bien entendu... Avec Eric et Ramzy
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L’histoire se situe à Barbès, où une série de meurtres y a lieu. Un serial-killer sévit dans les rues du quartier et lorsque la femme d’un diplomate algérien fait partie des victimes, la police algérienne prend les choses en main et met à la disposition de la police nationale française deux policiers d’Afrique du Nord, Nerh-Nerh et Le Kabyle. Afin d’élucider l’affaire, les deux personnages vont employer des méthodes très particulières.

Une avalanche de gags, des situations quelques fois grotesques et des blagues en tous genres, font la recette de ce film humoristique. Rire des clichés racistes et de la discrimination est le mot d’ordre, au risque parfois d’écorcher le spectateur : les asiatiques qui mangent des nems, l’algérien qui ne sait pas conjuguer le verbe « venir », et même la blonde à forte poitrine, tout est prétexte à la moquerie et à la dérision. Mais derrière cet aspect léger se cache une dénonciation de la discrimination, que le réalisateur a choisi de critiquer en employant l’arme humoristique.

Ce choix est-il intelligent ? Va-t-il être compris des spectateurs ? Lors du tournage du film à Barbès, lieu connu pour son multiculturalisme et ses clivages sociaux, le réalisateur s’est d’ailleurs beaucoup interrogé à ce sujet. Rencontré mardi à l’avant-première du film, il raconte : « Les clichés sont plutôt du côté des gens qui m'ont dit de ne pas tourner à Barbès, que ce serait trop dangereux, mais ça s'est très bien passé ! On a eu un peu peur quand il a fallu filmer une prise d'otage en pleine rue, le jour du match Algérie-Angleterre (le 18 juin 2010), au moment du fameux apéro saucisson et pinard… On a été surpris par le super accueil des habitants, qui ont beaucoup d'humour. Ils nous ont tout de suite ouvert leurs épiceries ».

Espérons que la subtilité du film et l’humour de Rachid Dhibou seront compris des spectateurs qui iront voir ce film, réactions à suivre cette semaine !

Avec Eric & Ramzy

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