Françoise Bourdin : « Les lecteurs ne veulent pas (...) qu'on leur peigne la vie en rose bonbon »

Françoise Bourdin : « Les lecteurs ne veulent pas (...) qu'on leur peigne la vie en rose bonbon »
Françoise Bourdin : « Les lecteurs ne veulent pas (...) qu'on leur peigne la vie en rose bonbon »
Dans cette photo : Marc Lévy
Françoise Bourdin est l'un des auteurs les plus lus en France. Et pourtant, elle reste la moins exposée médiatiquement des auteurs de best-sellers. A l'occasion de la sortie de son dernier roman, « Serment d'automne » (chez Belfond) et, simultanément, de « D'espoir et de promesse » chez Pocket, Terrafemina s'est entretenu avec celle qui sait si bien dépeindre les histoires de familles.
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Terrafemina : Dans « Serments d'automne », votre dernier roman, vous abordez le cancer, présent tout au long du récit, presque comme un membre de la galerie de personnages. N'avez-vous pas eu peur de rebuter une partie du lectorat avec de thème difficile ?

Françoise Bourdin : Non, au contraire. Je pense que la maladie en général, et surtout le cancer qui fait très peur, est un thème susceptible de toucher énormément de gens. Nous avons tous connu dans notre entourage, proche ou plus éloigné, quelqu'un que le cancer a frappé. Par bonheur, il y a les rémissions, les guérisons, donc l'espoir qui demeure tant que tout n'est pas joué. De plus, les lecteurs ne veulent pas, j'en suis persuadée, qu'on leur peigne la vie en rose bonbon dans un roman.

 

Tf. : Dans ce meme roman, les deux personnages principaux sont des hommes. Est-ce parce que vos lecteurs sont de plus en plus souvent des hommes que vous avez choisi de leur donner la part belle dans cet opus ? Est-ce difficile pour une romancière de se mettre dans la peau d'un homme ?

F.B. : Non, je ne vois pas de difficulté particulière à se mettre dans la tête d'un homme. D'ailleurs, certains auteurs masculins le font avec brio en se mettant dans la tête d'une femme. Les deux sexes se connaissent bien ! Dans « Serment d'automne », il fallait que ce soit deux hommes pour parler en termes plus « crus » de la maladie, sans le côté "maternant" des femmes.

 

Tf. : D'autre part, la gémellité des personnages, qui tient aussi un grand rôle dans le récit, semble vous tenir a coeur. Vouliez-vous aborder les rapports frères-soeurs dans ce qu'ils avaient de plus intense ?

F.B. : Oh, oui, le rapport des fratries m'intéresse ! Ce sont des liens forts et très complexes qui remontent à l'enfance et qui sont toujours très chargés émotionnellement.

 

Tf. : Récemment, un très beau portrait du JDD vous était consacré, augmentant votre notoriété auprès du « grand public » pas forcément au courant des ventes vertigineuses de vos romans. Ce phénomène vous dérange-t-il ou le lien très fort que vous entretenez avec votre large public de fidèles suffit-il a vous combler ? Êtes-vous blessée par "la profession" et le milieu germanopratin, qui met peu vos écrits en avant ?

F.B. : Mon lectorat est la chose la plus importante, de loin. Un auteur veut avant tout être lu. Mais il est vrai que l'ignorance délibérée des médias m'a dérangée parce qu'elle signifiait un grand mépris pour cette littérature « populaire » assimilée bien à tort à une littérature « de gare ». Mépriser le choix du plus grand nombre est d'une terrible arrogance...

 

Tf. : Parmi la liste des meilleurs « vendeurs » de romans en France, dont vous faites partie, on trouve aussi Marc Levy, Musso, Nothomb, Pancol et d'autres, tous catalogués comme « populaires ». En lisez-vous certains ?

F.B. : Bien sûr, Katherine Pancol par exemple.

 

Tf. : Plus largement, on connait votre passion pour les classiques Colette, Proust, Hugo et consors. Mais qui a votre préférence parmi les auteurs plus contemporains ?

F.B. : J'aime beaucoup Douglas Kennedy, Fred Vargas, Harlan Coben et Murakami, et aussi des coups de coeur comme Lionel Schriver (« Il faut qu'on parle de Kevin », un livre d'une force inouïe).

 

Tf. : Vous publiez plus souvent encore que les autres. Vous resterait-il néanmoins le temps, et l'envie, d'écrire des récits destinés aux enfants, ou adolescents, que vous pourriez avoir envie d'imaginer pour vos petits-enfants ?

F.B. : Je pense que je ne saurais pas écrire pour les enfants. Il faut le goût du merveilleux et je suis davantage dans la réalité de la vie, avec ses problèmes, ses erreurs, ses questions parfois sans réponse.

 

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