« Lettre à ceux qui ont momentanément perdu leur emploi », Marc Traverson

« Lettre à ceux qui ont momentanément perdu leur emploi », Marc Traverson
« Lettre à ceux qui ont momentanément perdu leur emploi », Marc Traverson
Reprendre pied, se recentrer, garder espoir et tenir la barre. La recherche d’emploi a des exigences et des pièges qu’il est utile de connaître. Marc Traverson, coach et psychothérapeute, propose avec cette « Lettre à ceux qui ont momentanément perdu leur emploi » (éditions Payot), un allié par temps de crise ! Rencontre.
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Terrafemina : Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Marc Traverson : En tant que coach, c’est un sujet qui m’intéresse depuis longtemps car il aborde la question de la transition professionnelle. Je sais l’importance que revêt le travail pour beaucoup d’entre nous. J’ai le sentiment que le chômage est quelque chose dont on parle peu ou mal ; on en parle de manière générale et générique à l’aide de grands chiffres. Or la réalité de ces moments, entre deux jobs, c’est une réalité tout à fait individuelle et personnelle. On est dans une époque individualiste où l’on se retrouve seul à piloter et orienter sa carrière voire son destin. Avec ce livre, je souhaite accompagner les hommes et les femmes en période transitoire qui passent inévitablement par des hauts et des bas, et leur dire que, malgré le sentiment de solitude que l’on peut avoir dans ces moments-là , c’est une période que beaucoup d’entre nous vivent et qu’ils ne sont pas seuls.

TF : En quoi le chômage peut-il être une occasion à saisir ?

M.T. : Qui dit chômage dit perte de travail mais aussi page blanche. Il y a une angoisse réelle de l’avenir, parce qu’on ignore de quoi il sera fait. Lorsqu’on occupe un poste, les perspectives d’évolution sont souvent assez étroites et balisées. Alors que dans le chômage, tout redevient possible ! L’une des clefs pour réussir cette transition c’est d’oser envisager des changements importants voire même radicaux puisque tout est ouvert. Il s’agit de se remettre en phase avec ses désirs profonds, ses motivations de travail, c’est la difficulté et le paradoxe de la situation mais également la chance que l’on a dans ces moments-là.

TF : Il s’agit pourtant d’une période délicate à gérer…

M.T. : On peut se retrouver au chômage de différentes façons (licenciement, départ volontaire, etc.). La question est la même que l’on ait ou non une pression financière. La sensation d’exclusion, de solitude est commune à tous ceux qui se retrouvent dans une phase de leur vie où ils n’ont plus d’emploi. Cela donne d’ailleurs lieu à des situations assez paradoxales. Les gens ont de l’énergie, des compétences mais ne trouvent pas, et qui plus est, ne supportent pas d’être payés à ne rien faire. Il y a quelque chose de parfois assez humiliant.

TF : Quels conseils donnez-vous à ceux qui ont « momentanément perdu leur emploi » ?

M.T. : Quelle que soit la difficulté de ce que l’on vit, il s’agit de retrouver des marges de manœuvre, si petites soient-elles. De passer d’une position où l’on subit une situation à une position où l’on est acteur. Cela demande de se remobiliser, de se reprojetter, d’aller vers l’extérieur. Il faut montrer de la disponibilité. S’interroger sur soi oui, mais pas dans son coin. Il faut le faire avec les autres. Je crois fondamentalement à la nécessité et aux bienfaits des rencontres; aller dans des salons, des groupes pour non seulement prendre conscience que l’on n’est pas seul mais aussi pour pouvoir parler. Derrière les transitions réussies, il y a toujours une histoire de rencontres et pas seulement avec un recruteur. Il y a des gens qui nous orientent, nous permettent de rebondir, de sortir de cette situation par le haut. Le chômage fait partie de ces moments professionnels qu’il faut apprendre à gérer. Quand on s’est démené, activé, que l’on a été acteur, on revient dans le travail avec une mentalité différente car notre rapport au travail a changé. On se responsabilise. Un chômeur est un entrepreneur de lui-même quelque part, il faut se prendre en main, trouver les opportunités, avoir une stratégie et y aller ! On apprend beaucoup sur le monde du travail. Quand on y retourne, on est forcément très différent.

TF : Quels sont les écueils à éviter ?

M.T. : Le risque serait d’attendre que les opportunités viennent de l’extérieur. La tentation est grande d’attendre que le téléphone sonne. Une recherche d’emploi demande une certaine discipline au quotidien, il est donc essentiel de garder la forme en faisant du sport par exemple. Rechercher un emploi est un vrai travail en soi ! Par ailleurs, il faut veiller à gérer la situation avec ses proches. Le chômage crée de l’angoisse chez la personne concernée mais également dans son entourage. Il faut être conscient de l’importance de son environnement. Les proches nous permettent de tenir, d’être solide. Il ne fait pas négliger ce point.

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