Emplois d'avenir : comment Michel Sapin veut lutter contre le chômage des jeunes

Emplois d'avenir : comment Michel Sapin veut lutter contre le chômage des jeunes
Emplois d'avenir : comment Michel Sapin veut lutter contre le chômage des jeunes
Michel Sapin, le ministre du Travail, présente son projet sur les « emplois d'avenir » destinés aux jeunes de moins de 26 ans. D'abord examiné en Conseil des ministres, la mesure sera ensuite présentée au Parlement. 150 000 contrats aidés dits « emplois d'avenir » sont prévus d'ici 2014 pour vaincre le chômage des jeunes.
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Après les emplois jeunes de Lionel Jospin, voici venir les « emplois d’avenir » de Michel Sapin. Le ministre du Travail dévoile sa feuille de route devant le gouvernement aujourd’hui, mercredi 29 août, avant de présenter le texte à l’Assemblée nationale à partir du 24 septembre. Le but de ces contrats aidés est de fournir « une première expérience professionnelle réussie, inscrite dans une durée suffisante ». Plus de 22% des moins de 25 ans sont au chômage en France. Les principaux concernés sont les « jeunes de moins de 26 ans éloignés du marché du travail ». Il a distinctement ciblé la catégorie de population qu’il vise : « les jeunes résidant dans les zones sensibles urbaines ou dans des zones rurales extrêmement éloignées ». Ceux qui constituent clairement « le noyau dur du chômage », a-t-il ajouté.

Michel Sapin a révélé les grandes lignes du programme : 100 000 emplois d’avenir créés début 2013, puis 50 000 en 2014. L'État finance 75% du Smic pour un temps plein. Une mesure qui devrait lui coûter 1,5 milliard d’euros par an. Les contrats peuvent durer de un à trois ans en CDD s’ils n’excèdent pas 24 mois consécutifs, en CDI pour une durée plus longue. Dans ce cas, l’employeur s’engage alors à conserver le poste créé même une fois la contribution de l’État retirée.

Dans la promesse des 150 000 contrats aidés, 18 000 sont réservés à l’Éducation nationale et destinés à des étudiants boursiers en 2e année de licence minimum qui voudraient devenir professeurs. Le reste des emplois d’avenir sera dédié aux secteurs en pleine croissance, susceptibles de créer des emplois dans un futur proche : la filière écologique et numérique, le tourisme, l’aide aux personnes, le secteur social et médico-social, l’agriculture biologique sont des exemples cités par le ministre du Travail. Ils seront mis en place en priorité dans le secteur public et non marchand comme les associations ou les collectivités territoriales et pourront être étendus au secteur privé, notamment dans les entreprises de service à la personne avec une aide de l’État réduite « pour éviter tout effet d’aubaine ».

Le parallèle avec les emplois jeunes instaurés par Lionel Jospin en 1997 est légion : deux ministres de gauche qui veulent aider les jeunes à trouver un emploi. Pourtant, les similitudes s’arrêtent là. Pour le Premier ministre de la fin des années 1990, les contrats visaient à lancer de nouveaux métiers dans le public et l’associatif comme aide-éducateur scolaire, adjoint de sécurité dans la police ou agent d’ambiance dans les quartiers. Or Michel Sapin veut que ses contrats d’avenir s’imposent dans des « activités d’avenir ou dont l’utilité sociale est déjà avérée ». Le public ciblé est le même : les moins de 26 ans mais Lionel Jospin avait également ajouté les personnes de 26 à 29 ans n’ayant jamais touché d’allocations chômage. Aujourd’hui, Michel Sapin privilégie les jeunes avec peu ou pas de diplômes.

Le projet est déjà décrié par l’opposition qui y voit une récidive des emplois jeunes : « Les emplois aidés à grande échelle ne sont pas une solution durable pour l'insertion des jeunes sur le marché du travail ». Mais le groupe socialiste est aussi divisé. Gaëtan Gorce, sénateur PS, demande « d’éviter les mesures qui visent avant tout à sortir les gens des statistiques du chômage. Ces dispositifs sont utiles à court terme car ils permettent de mettre le pied à l'étrier à des jeunes mais ils s'arrêtent subitement quand il n'y a plus de budget pour les financer ». Un avis étayé par son expérience en tant que rapporteur de loi sur les emplois jeunes en 1997. Les syndicats sont aussi critiques vis-à-vis des contrats d’avenir pointant l’absence de place pour des formations qualifiantes : « Les exonérations doivent être conditionnées à la mise en place de formations diplômantes et qualifiantes », rappelle l’Unsa, en accord avec la CGT et la CFDT.

Laure Gamaury

Source : lefigaro.fr
Crédit photo : AFP

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