Mobilité professionnelle : pourquoi ça coince ?

Mobilité professionnelle : pourquoi ça coince ?
Mobilité professionnelle : pourquoi ça coince ?
55% des cadres français  vivent la mobilité professionnelle comme  une contrainte, c’est le résultat d’un sondage IFOP publié en février 2010. Plus inquiétant encore, un récent rapport pointe directement  la mobilité professionnelle comme une importante source de stress.  Eclairage sur ce phénomène avec un médecin du Travail.
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Terrafemina : Pourquoi la mobilité professionnelle est-elle ressentie comme une contrainte par les salariés ?


Martine Giros : La mobilité géographique peut être une source stress et de souffrance très importante pour les salariés de toutes catégories confondues. Bien sûr certains cas  d’expatriation sont très  bien ressentis, car il s’agit là de promotions de cadres dirigeants avec des compensations à l’appui.

Imposée, une mobilité géographique est forcément mal vécue par les salariés  et d’autant plus si elle est faite dans l’urgence, sans préparation ni concertation avec les principaux intéressés. Or c’est souvent le cas : la personne se sent alors dévalorisée et  considérée  comme un pion.

Et là, cela peut prendre des proportions dont on connait les issues tragiques. A France Télécom, les salariés  devaient changer de fonction, de service et de lieu, le tout dans la précipitation. Quand vous n’avez pas suffisamment de recul sur votre poste de travail, c’est  ingérable. 

TF : Comment accompagner la mobilité professionnelle  pour qu’elle soit mieux vécue ? 


M.G. : Il est vrai que notre culture ne s’est pas encore totalement faite à la mobilité professionnelle.  Nous sommes assez sédentaires dans notre façon de gérer notre vie professionnelle même si les nouvelles générations changent la donne. Raison de plus pour accompagner et anticiper cette transition délicate. Tout passe par la discussion et le dialogue, c’est le rôle du manager d’être à l’écoute du  salarié.  Il doit aller vers lui pour comprendre comment  il vit ce changement important, en  s’informant sur sa situation familiale, conjugale et parentale. La préparation est essentielle dans une mobilité géographique qui n’est pas volontaire.  Cela passe aussi par la valorisation du travail accompli, la reconnaissance du salarié et des compensations.

TF : Les RH sont-elles en train d’évoluer vers une meilleure prise en compte du stress des collaborateurs ?


M.G. : Oui il y a bien une prise de conscience et les méthodes de management commencent à évoluer dans les entreprises. En tant que médecin du travail, je gère des cellules de soutien  pour les managers, qui porte sur la gestion de l’humain dans les situations de stress. Nous leur expliquons comment réagir  au mieux lorsqu’ils sont confrontés à une personne en souffrance à cause de son travail, comment  détecter un burn out.

Il est important de faire  un état des lieux, de mesurer la quantité et la qualité du stress dans l’entreprise : c’est ce que nous faisons chez Axa. Ensuite nous pourrons élaborer des méthodes de travail pour lutter contre ces phénomènes.


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