Contraception remboursée pour les mineurs : "La gratuité ne suffit pas"

Contraception remboursée pour les mineurs : "La gratuité ne suffit pas"
Contraception remboursée pour les mineurs : "La gratuité ne suffit pas"
La ministre de la Santé Marisol Touraine présentera ce mardi après-midi un amendement au projet de loi de finance de la sécurité sociale (PLFSS) pour faire rembourser à 100% la pilule pour les jeunes filles de 15 à 18 ans. La députée UMP Bérangère Poletti milite pour la gratuité depuis plusieurs années, elle nous explique pourquoi elle doit s'accompagner de la garantie de l'anonymat pour les adolescentes.
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Terrafemina : Marisol Touraine vient d’annoncer un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour rendre la contraception gratuite pour les jeunes filles de 15 à 18 ans. Une mesure que vous encouragez depuis plusieurs années…

Bérangère Poletti : Oui en effet, j’ai entendu cette annonce ce matin et j’ai été surprise car je n’avais pas été informée. C’est moi qui ai interpellé Marisol Touraine sur le sujet de la contraception quand les députés ont auditionné le gouvernement sur le PLFSS il y a 15 jours. Je lui ai fait remarquer qu’on ne pouvait pas rendre l’IVG 100% gratuite sans faire quelque chose du côté de la contraception. Je défendrai évidemment cet amendement puisque c’est mon combat depuis longtemps.


Tf : Comment cette gratuité peut-elle être mise en place ?

B. P. : Je n’ai pas d’information sur les détails de l’amendement que Mme Touraine présentera devant l’Assemblée nationale ce mardi, mais je sais que la gratuité ne suffit pas, elle doit aller de pair avec l’anonymat. Aujourd’hui, une adolescente qui veut obtenir la pilule sans en rendre compte à ses parents peut se rendre dans un centre de Planning familial, elle lui sera prescrite gratuitement. Mais c’est une démarche assez compliquée pour une mineure. Si elle se rend chez le médecin, elle devra payer si elle veut garder son anonymat. Je pense pour ma part que la meilleure solution est que les médecins utilisent directement leur carte professionnelle pour se faire rembourser, ainsi les jeunes filles n’auront pas à utiliser leur carte vitale qui est rattachée à celle de leurs parents. La contraception est un sujet plus complexe qu’il n’y paraît…

Tf : Est-ce que toutes les pilules doivent être remboursées à 100% ?

B. P. : Non, les pilules de troisième génération ne doivent pas être remboursées, elles présentent des contre-indications sérieuses, en particulier pour les très jeunes filles. Sont concernées également certaines pilules de deuxième génération. Mais Mme Touraine est tout à fait informée sur ces questions puisque c’est elle qui a fait dérembourser les pilules de troisième génération. Pour les autres pilules, je pense en effet qu’il faut laisser la possibilité aux médecins de s’adapter à leurs patientes avec un large choix de contraceptifs remboursés.

Tf : Quels sont les autres terrains sur lesquels avancer au sujet de la contraception selon vous ?

B. P. : Il serait utile de faire rembourser les patchs contraceptifs pour les mineures, c’est un moyen très adapté à ce public. Je suis pour avancer vers une contraception accessible à toutes, mais je me concentre sur les moins de 25 ans qui subissent le plus d’IVG. Quoi qu’on en dise c’est toujours une expérience traumatisante.

Tf : Et les hommes dans tout ça ? Selon un récent sondage Terrafemina-CSA, 9 Français sur 10 considèrent que la contraception est l’affaire du couple, et 61% des hommes se disent prêts à prendre une contraception orale. Qu’en pensez-vous ?

B. P. : Je pense qu’il est dommage que la pilule masculine ne soit pas encore au point ! Mais néanmoins je suis persuadée que les hommes vont se sentir de plus en plus concernés par la contraception. En effet aujourd’hui une femme peut très facilement savoir qui est le père de son enfant. Cela confère une responsabilité supérieure aux hommes, qui sont bien obligés de faire attention au moyen de contraception employé…

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