Women's Forum 2012 : "Des petites pousses pour une croissance à 360°"

Women's Forum 2012 : "Des petites pousses pour une croissance à 360°"
Women's Forum 2012 : "Des petites pousses pour une croissance à 360°"
Un shot d'énergie et d'optimisme en pleine crise, c'est le message que voulait laisser Véronique Morali pour clôturer le 8e Women's Forum for the Economy and Society. Sur le thème de la « croissance à 360° », la présidente dit avoir senti émerger des idées inspirantes pour une croissance qui dépasse les seuls critères économiques, et des perspectives d'actions à engager en matière de business développement comme d'éducation. Entretien.
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Terrafemina : Vous aviez choisi pour cette année le thème ambitieux de la « recherche de la croissance à 360° ». Que retirez-vous de ce choix ? Quelles idées fortes avez-vous vues émerger ?

Véronique Morali : Je suis très contente d’avoir choisi pour le Women’s Forum ce thème en effet très difficile, et un peu en rupture avec notre vision d’une croissance uniquement économique. Je voulais faire réfléchir ces 1 300 femmes venues de 60 pays différents sur une croissance plus qualitative, qui s’appuie sur des constats préoccupants. Dans les pays émergents, la croissance à deux chiffres est inéquitable et pas durable, tandis que l’Occident au ralenti peine à trouver des modèles de croissance liés aussi à notre bien-être. Comment la croissance peut aussi alimenter notre capacité à se faire du bien ? Il s’agissait de considérer d’autres critères de croissance, de se mettre en situation de se dépasser, et aussi de donner du courage aux femmes en ces temps de crise, pour qu’elles construisent elles-mêmes leurs îlots de créativité individuelle. Je pense que les femmes se sont finalement retrouvées dans ce thème, et ont assimilé crise et recherche de croissance à des opportunités.

Tf : L’une des sessions vous a-t-elle particulièrement marquée quant aux réponses apportées à ce thème ?

V. M. : En effet, je pense à l’échange entre Cherie Blair et Bunker Roy (fondateur du Barefoot College, ndlr) de jeudi matin. L’une avec sa Fondation pour les Femmes, et l’autre avec des sessions de formation à l’ingénierie solaire pour des grand-mères africaines, ont esquissé le modèle d’une croissance aux « pieds-nus », une croissance qui vient du bas, comme des petites pousses de croissance, qui valent le coup d’être regardées pour qu’on s’en inspire. Cela montre une fois de plus que nous devons remettre en cause les indicateurs de croissance éprouvés comme le PIB, qui manque d’un aspect qualitatif.

Tf : Comment le Women’s Forum peut-il faire en sorte que ces trois jours d’échanges à Deauville se traduisent en actes ? Sur quels terrains et avec quels leviers le Forum peut-il agir ?

V. M. : C’est une question récurrente en effet, et on aimerait que le Women’s Forum puisse faire acte. Après avoir entendu nos participantes et nos speakers sur le cas de Malala, cette Pakistanaise agressée par les talibans, le Women’s Forum a décidé de lancer un appel à se mobiliser pour elle. Nous avons par ailleurs nos initiatives comme Women for Education, qui remet des prix à des actions engagées pour l’éducation des filles et des femmes dans le monde. Le CEO Champion est une autre initiative que nous avons créée et réitérée depuis plusieurs années. Plus de 20 CEOs témoignent de leur engagement à faire bouger les lignes. Cela permet de mettre sous tension les CEOs et montre les bonnes pratiques qui se diffusent, en mettant en valeur les évolutions, année après année. Nous avons aussi créé le Diversity Club for Business, qui observe comment la diversité est promue dans les entreprises. Au-delà de ces chantiers, il est difficile de se saisir d'actions car il y en aurait tellement ! Ce Forum permet néanmoins aux femmes de repartir avec des envies d'action, c'est une capillarité, une transmission d'énergie à chacune, qui se sent investie d'une mission de transformation.

Tf : Quels sujets restent à explorer selon vous sur les femmes ?

V. M. : Ce Forum couvre ou touche un peu tous les sujets qui concernent les femmes. Et il n’est pas question d’éluder la souffrance des femmes dans certains pays. Les deux Prix Nobel de la Paix, Shirin Ebadi et Leymah Gbowee, qui ont ouvert le Forum, en témoignent. Elles sont allées sur ces sujets de la souffrance des femmes, des atteintes à l'intégrité des femmes, du viol ou de la privation de liberté. Les participantes du Forum n’ont pas un regard égoïste sur les femmes, elles ne méconnaissent pas la situation de celles qui sont au chômage, de celles qui doivent encore lutter pour leurs droits, elles portent au contraire un regard à 360° sur la condition féminine. La plupart d’entre elles sont engagées ou en forment le désir.

Tf : Que nous réserve le Women’s Forum pour 2013 ?

V. M. : Comme je l’ai annoncé en ouverture du Forum, nous repartons au Brésil les 17 et 18 juin prochains, après la première édition de 2012, et peut-être aussi dans une autre zone du monde, si possible en Birmanie suite à notre rencontre avec Aung San Suu Kyi à Paris au mois de juin. Cela pourrait aussi être Dubaï. L’idée étant d’avoir deux forums internationaux dans l’année en plus de Deauville. En octobre prochain, nous avons décidé de mettre à l’honneur une délégation de femmes d’Europe de l’Est, parce qu’on les entend trop peu. Ensuite nous continuerons à parfaire les outils et les formats mis à la disposition des participantes, avec cette volonté de garder ce qui fait le côté unique du Forum : le fait qu’on aime s’y retrouver et que ce soit finalement les participantes qui fassent les moments forts de ces sessions et pas forcément les speakers.

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