Pourquoi "And Just Like That", la suite de "Sex & the City", nous a agréablement surprises

"And Just Like That...", la bande annonce
"And Just Like That..." a débarqué en France vendredi 10 décembre après une attente interminable. Un (micro) binge-watching plus tard, notre verdict tombe : pour l'instant, c'est pas mal du tout. Attention, spoilers.
À lire aussi

L'idée initiale ne nous avait pas franchement emballée. Chez nous, Sex & the City, c'est sacré. Certes bourré de défauts et de trucs à revoir, mais sacré.

En apprenant que les showrunners Michael Patrick King et Darren Star rempilaient pour une septième saison, on craignait que l'ADN colle davantage aux long-métrages aseptisés (Sex & the City le film et Sex & the City 2, l'un des plus gros navets de l'histoire) qu'à celui de la série des années 90. Voire pire, se plante en essayant vainement et maladroitement d'intégrer les débats actuels à un show culte qui avait bien sa place dans le passé.

Et puis, vendredi 10 décembre, on a regardé les deux premiers épisodes de And Just Like That... diffusés sur Salto. On a retrouvé nos héroïnes new-yorkaises amputées de leur quatrième acolyte (Samantha Jones alias Kim Cattrall, qui laisse un vide palpable) dans un resto chic de Manhattan, avec une sensation de chaleur réconfortante dans le coeur. On a replongé avec un certain bonheur dans ces dynamiques familières, décrypté les looks, les punchlines, les avancées dans chacune de leurs carrières.

Et il faut bien l'avouer : même si le niveau du séquel n'est pas à celui de l'original, on réalise qu'on a eu tort de critiquer avant même de regarder.

Quand la "bourgeoise mariée coincée" doit évoluer

Big (Chris Noth) et Carrie (Sarah Jessica Parker)
Big (Chris Noth) et Carrie (Sarah Jessica Parker)

En 2021, soit 17 ans après le final de la saison 6, Miranda Hobbes (Cynthia Nixon), Charlotte York-Goldenblatt (Kristin Davies) et Carrie Bradshaw (Sarah Jessica Parker) ont 55 ans, et vivent dans une ère qui les dépasse. Pas sur un plan matériel, non non - les trois new-yorkaises continuent de mener leur vie d'adultes richissimes dans une ville où le loyer d'un moindre T2 équivaut à deux-trois SMIC. Mais plutôt sur un plan sociétal.

Carrie, par exemple, a intégré un podcast sur le sexe animé par Che Diaz (Sara Ramirez), premier personnage non-binaire de la série. Celle qui avait pour habitude de slut-shamer Samantha ou de lancer des propos biphobes en toute décomplexion jadis, se retrouve mise face à ses propres préjugés et limites. La protagoniste le dit elle-même : elle est une "bourgeoise mariée coincée", et il lui faut "évoluer" sur nombreux sujets.

Miranda quant à elle, a quitté le droit des affaires pour suivre les cours de la professeure Nya Wallace (Karen Pittman) à l'université de Columbia. Dès le premier jour, elle fait une impression remarquée mais pas pour les bonnes raisons : elle s'emmêle lors d'un monologue interminable sur les tresses de l'enseignante et le fait que son choix s'est porté en partie sur son programme parce qu'elle est noire.

Tout au long des deux premiers épisodes d'ailleurs, Miranda s'enfonce plus encore en récitant des discours antiracistes impeccables sur le papier mais en échouant sur la pratique - son complexe du sauveur blanc resurgissant rapidement. "Vous n'avez pas besoin de vous excuser", rétorquera Pre Nya Wallace face à un événement du genre et une élève aussi confuse que paumée, "on est là pour apprendre".

Apprentissage, remise en question et rebondissement tragique

Professeure Nya Wallace (Karen Pittman)
Professeure Nya Wallace (Karen Pittman)

"Cet âge dans votre vie peut être un moment où tout ce pour quoi vous avez travaillé est en train de se réaliser, mais aussi, comme pour Miranda, un moment où vous vous réveillez un jour et vous vous dites : "j'ai passé les trente dernières années sur cette voie-là, je ne veux pas y passer les 30 prochaines années'", confie au sujet de son personnage "en crise" Cynthia Nixon, lors d'un entretien pour 20 Minutes.

Un âge-clé donc, qui, comme la trentaine lors des premières saisons, s'inscrit au coeur des scénarios. Jusque dans ses drames, inévitables et dévastateurs, qui ramènent à une réalité qui résonne par-delà l'écran. L'alcoolisme naissant chez l'une, la disparition brutale de son partenaire chez l'autre.

Personnellement, 48 heures après y avoir assisté, la mort de Big (Chris Noth) suite à une crise cardiaque post-sprint sur vélo d'appartement, nous fout encore les larmes aux yeux. Ça, et le plan bouleversant des "Manolo de la mariée" sous la douche.

Il n'y a plus qu'à espérer que le reste de And Just Like That... continue sur une lancée similaire, entre émotions communicatives, remise en question nécessaire et séquences drôles ou plus touchantes entre amies de toujours.

And Just Like That..., disponible sur Salto