L'effet #MeToo : les managers hommes ignoreraient désormais leurs collègues femmes

#MeToo : Les managers hommes ignoreraient désormais leurs collègues femmes
#MeToo : Les managers hommes ignoreraient désormais leurs collègues femmes
Une étude a révélé récemment que depuis #MeToo, les hommes en poste senior auraient tendance à ignorer leurs collègues femmes en poste junior, ce qui freinerait véritablement leur carrière.
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Le mouvement #MeToo, lancé après l'affaire Harvey Weinstein, a réussi à libérer la parole des femmes sur le harcèlement sexuel et les agressions qu'elles avaient subis et subissent encore aujourd'hui. De nombreuses victimes ont pu porter plainte contre les hommes qui avaient abusés d'elles et mettre enfin un terme à l'impunité quasi systématique dont ils profitaient injustement.

Malheureusement, comme lors de chaque avancée en faveur des droits des femmes, le contrecoup ne s'est pas fait attendre. Et cette fois-ci, il se manifeste principalement dans le milieu du travail.

D'après une étude réalisée par LeanIn.Org et SurveyMonkey, 60 % des managers hommes avoueraient se sentir mal à l'aise à l'idée de participer à des activités professionnelles en compagnie d'homologues féminines (soit une croissance de 32 % par rapport à un sondage sur le même sujet mené l'année dernière).

Ils seraient également 12 fois plus susceptibles d'hésiter avant d'organiser des points en tête-à-tête, neuf fois plus susceptibles d'hésiter à voyager avec une femme junior pour affaires et six fois plus susceptibles d'hésiter à aller à un dîner de travail avec une femme junior. Aussi, 36 % des hommes disent qu'ils ont évité le mentorat ou la socialisation avec une collègue de travail de sexe féminin parce qu'ils étaient nerveux à l'idée de ce à quoi ça pourrait ressembler.

Et les premières à trinquer des comportements d'ignorance qui en découlent sont les femmes.

Car dans la plupart des entreprises, l'évolution professionnelle se fait au fil de mentorat, de conseils d'un·e collègue senior à un·e employé·e junior, de réunions individuelles et d'orientation personnalisée. Pour que son parcours se fasse dans les meilleures conditions, une employée a donc besoin d'un·e mentor qui la guidera de près ou de loin, au même titre qu'un employé junior homme dans le même cas.

"Ne pas nous harceler ne suffit pas"

Interviewée par Glamour, Sheryl Sandberg, fondatrice de LeanIn.Org et COO de Facebook, affirme : "Je ne connais personne qui a été promu sans points en tête-à-tête avec un·e supérieur·e. Les femmes ont besoin de ce temps individuel pour obtenir le mentorat et le parrainage qu'il leur faut pour réussir."

Sauf que dans la plupart des entreprises, les postes senior sont encore occupés par des hommes. Et en s'éloignant de ces relations strictement professionnelles par crainte de "ce à quoi ça pourrait ressembler", les managers contribuent à freiner la carrière de leurs collègues - ou du moins les empêchent de la mener à bien.

Si la parité était dûment respectée, et ce dans chaque domaine, cela poserait sans doute moins de problème, seulement ce n'est pas le cas. Et tant que l'égalité ne sera pas atteinte, nous auront besoin d'hommes comme alliés, mais aussi comme complices. Qui, en plus de nous soutenir, agiront pour nous aider, conscients et indignés par le plafond de verre qui nous est imposé.

Comme le conclut Sheryl Sandberg, "ils croient qu'il suffit de ne pas nous harceler, mais ce n'est pas vrai. Ne pas nous harceler ne suffit pas. Vous ne devez pas non plus nous ignorer."