#PasTaPotiche : quand les hôtesses d'accueil dénoncent le sexisme dans la profession

#PasTaPotiche : quand les hôtesses d'accueil dénoncent le sexisme dans la profession
#PasTaPotiche : quand les hôtesses d'accueil dénoncent le sexisme dans la profession
Un compte Twitter rassemble les témoignages de dizaines d'hôtesses d'accueil qui rapportent les comportements et réflexions sexistes subis au quotidien.
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"- Je vais vous indiquer le chemin monsieur. - Le chemin vers votre lit ? Ça m'intéresse." Sur le compte Twitter @PasTaPotiche, ce témoignage anonyme n'est qu'un seul récit parmi des dizaines tout aussi révoltants. Des histoires terriblement vraies, livrées par des jeunes femmes qui ont fait l'expérience du métier d'hôtesse d'accueil pour des événements d'entreprise et d'événementiel divers et variés. Le mot d'ordre de la profession ? Sois belle, mince, souris et surtout : tais-toi. Sauf qu'aujourd'hui, elles ne veulent plus garder le silence.

#PasTaPotiche
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Alice (son prénom a été modifié), 22 ans, est à l'origine de l'initiative. Elle raconte à 20 Minutes avoir pris la décision de parler après avoir vu circuler la pétition de Fatima Benomar, qui souhaite mettre fin au poste d'hôtesse sur les podiums du Tour de France.

Une mise en danger consciente

Au bout de six ans dans le secteur, des anecdotes, Alice en a à la pelle. Elle se confie notamment à Libération sur celle qui l'a le plus marquée : "Le pire pour moi, ça a été une soirée organisée par un grand patron. Il m'a touché le sein. J'étais tétanisée, je me suis sentie prise au piège comme une proie. Plus tard, il m'a saisie par les poignets et m'a obligée à danser. Après cette mission, j'en ai parlé à mon agence qui m'a dit qu'il s'en était déjà pris à d'autres hôtesses. On m'avait donc envoyée au casse-pipe en connaissance de cause. C'est de la mise en danger."

Les plaintes s'accumulent auprès des responsables mais rien n'y fait. Au fil des témoignages, la même rengaine : l'agence sait, les managers savent, les autres hôtesses avec davantage d'ancienneté savent, mais personne ne fait rien face aux agressions verbales et physiques, sexistes et parfois sexuelles, racistes et grossophobes, dont sont victimes quotidiennement les employées.

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"Comme on intervient dans un contexte festif", continue Alice auprès du journal, "c'est à croire que les hommes se croient tout permis. Souvent, ce sont des hommes 'puissants' (médecins, élus, avocats), pour qui nous ne sommes que 'des petites hôtesses'. Le sexisme se double de mépris social. Et puis il y a parfois un contexte qui semble conduire à cela : quand votre fonction est uniquement 'décorative', que vous ne faites strictement rien d'autre que sourire en 'position de danseuse', on fait de vous une femme-objet".

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Une demande de mesures concrètes

Pour venir à bout de ce traitement honteux, l'instigatrice souhaite rencontrer la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. La première étape serait d'organiser "une réunion de travail afin de mettre en place un plan de lutte contre le sexisme, les discriminations et la précarité dans le milieu de l'accueil", affirme-t-elle à 20 Minutes. Elle a d'ailleurs déjà une idée de mesures concrètes qu'elle aimerait voir mises en place : l'application des lois qui empêchent les discriminations à l'embauche et l'interdiction de l'obligation de porter des talons, ou encore des tenues ultra-courtes en hiver.

Elle explique cependant que l'émergence d'une parole collective est indispensable au sein du milieu, et que c'est aussi aux hôtesses de se soulever. "Le problème c'est que les hôtesses syndiquées, ça se compte sur les doigts de la main. On est précaires, isolées, c'est pour cela qu'il y a si peu de femmes syndiquées", poursuit-elle auprès du quotidien.

En attendant, Alice a lancé une pétition le 17 août pour "dépoticher le métier d'hôtesse d'accueil" et attirer l'attention sur les conditions humiliantes qui l'entourent. Un texte qui recueille déjà plus de 22 000 signatures.