Société
Association Môm’artre : de l’art à la sortie de l’école
Publié le 9 février 2011 à 09:00
Accueillir les enfants après l’école et jusqu’à 20h, les initier aux pratiques artistiques dès 6 ans : c’est le pari gagné de Môm’Artre. L’association créée il y a 10 ans par Chantal Mainguené offre une respiration aux familles les plus modestes, et révolutionne le quotidien de quelques centaines de mamans à Paris. Une initiative locale qui fait déjà des émules.
Association Môm’artre : de l’art à la sortie de l’école Association Môm’artre : de l’art à la sortie de l’école

On les appelle les « Mômartiens », les petits veinards qui ne quittent pas l’école à 16h30 pour rentrer avec la nounou, mais pour aller passer quelques heures à Môm’artre. Au programme : goûter, devoirs, et atelier artistique. Ici, tout le monde se reconnaît, les bénévoles de 15 à 78 ans, les salariés artistes, les enfants d’aujourd’hui et ceux d’hier qui repassent à l’occasion pour « dire bonjour ».

La solution miracle pour les mamans qui travaillent

Créée en 2001 par Chantal Mainguené, l’association Môm’artre veut donner accès à l’art à tous les enfants. « Quand on voit les prix des cours d’art plastique à Paris, on comprend que beaucoup de familles modestes délaissent ces loisirs au profit du sport, moins onéreux », explique Chantal, « pourtant le développement des dons artistiques est plus que bénéfique pour les enfants, ils prennent de l’assurance. A l’école le retour des institutrices est vraiment très positif. » Mère célibataire, Chantal connaît la galère des sorties d’écoles, de la réunion qui finit tard et des salaires engloutis dans les heures de baby-sitting : « je voulais un endroit rassurant pour les mamans, où elles n’auraient pas de contrainte d’horaires, pas de stress en fin de journée ». Non seulement Môm’artre attend les 6-11 ans à la sortie de l’école, mais surtout les parents ont jusqu’à 20h pour venir les chercher : « Parfois les mamans arrivent à 19h et les enfants ne veulent pas laisser leur activité, alors elles vont faire leurs courses dans le quartier et reviennent ensuite ».

Pas d’âge pour se mélanger


L’autre défi de Môm’artre, c’est la mixité : alors que les écoles sont de plus en plus étiquetées, Chantal mélange les enfants de tous les milieux, « parce que l’ouverture d’esprit se cultive dès le plus jeune âge ». Les tarifs sont indexés en fonction des revenus de la famille, de celles qui sont en dessous du seuil de pauvreté aux classes aisées, c’est-à-dire de 10 centimes à 8 euros de l’heure. « Nous avons un tiers de familles monoparentales, et pour certaines la vie n’est pas facile, mais nous ne sommes pas là pour résoudre leurs problèmes ». Et Chantal de rappeler que les salariés de l’association sont avant tout des artistes.
Comme Hormoz, réalisateur. Il est l’un des 25 artistes « invités » de Môm’artre, il viendra tous les lundis pendant deux mois, le temps de réaliser avec 13 enfants un court métrage « sur un casting qui tourne mal ». Ca lui permet de gagner un peu d’argent et de tester son endurance avec les enfants… Tous les artistes qui passent par Môm’artre ont la possibilité de passer le Bafa –Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur-, ils ressortent avec une qualification supplémentaire. Pour Chantal, c’est un vrai plus : « Il y a 6000 artistes au RSA à Paris, ici ils trouvent une activité rémunérée tout en gardant du temps pour leurs projets personnels. »

De Montmartre au marché d’Aligre

Financée en majeur partie par les subventions des collectivités, Môm’artre a réussi à ouvrir une deuxième antenne dans le 20e arrondissement. D’autres devraient suivre rue Pelleport dans le 20e, dans le 14e, et dans le 12e vers le marché d’Aligre. « Cette initiative n’est pas transposable telle quelle n’importe où. C’est un projet local, qui doit s’adapter à la réalité de chaque quartier. Nous faisons des études avant chaque implantation et sélectionnons les écoles pour assurer la mixité », explique Chantal, « beaucoup de ceux qui ont essayé de reproduire Môm’artre se sont cassé les dents dans les démarches, c’est vraiment très compliqué, et je pense que j’ai réussi grâce au réseau développé dans l’économie sociale et solidaire, ma précédente carrière. »
En attendant d’obtenir l’agrément service civique pour accueillir encore plus de jeunes bénévoles, on croise toujours Nicole, enseignante retraitée qui, à 78 ans, continue de venir pour aider aux devoirs : « Je suis voisine, j’étais venue par curiosité il y a 10 ans pendant les travaux, depuis je viens deux fois par semaine. » Elle se presse pour aider Roséanne, 10 ans, à finir un exercice de Français, car l’atelier Keith Haring commence à 18h…

Le site de l'association Môm’artre

Môm’artre 18
2 rue de la Barrière Blanche
75018 Paris

Môm’rue Ganne
4 place de la Porte de Bagnolet
(entrée par le 5 rue Louis Ganne)
75020 Paris

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Par Marine Deffrennes | Rédacteur
Marine Deffrennes, rédactrice spécialisée dans les sujets de société sur le site terrafemina.com
Mots clés
Société Solidarité association art enfants
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