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Accouchement sous X : les motivations sont d'une grande diversité
Publié le 22 septembre 2011 à 14:58
Le profil social des femmes qui accouchent dans l’anonymat est très varié. Loin des clichés de la jeune mère abandonnée, une étude de l’Ined montre que les histoires et les motivations de ces femmes sont d’une grande diversité.
Accouchement sous X : les motivations sont d'une grande diversité Accouchement sous X : les motivations sont d'une grande diversité


La France est l’un des seuls pays européens à autoriser l’accouchement sous X, qui permet à la mère de confier son enfant à l’adoption sans dévoiler son identité et qui prive l’enfant de sa filiation à la naissance. Chaque année, ce sont entre 600 et 700 femmes qui sont concernées. Qui sont ces femmes qui enfantent dans le secret ? Une étude de l’Ined (Institut national d’Etudes Démographiques), réalisée sur 83 départements de 2007 à 2009, dresse le profil de ces mères, relevant leurs situations sociale, financière et familiale. Loin des idées préconçues et de nombreux stéréotypes partagés, ces femmes présentent des caractéristiques très différentes les unes des autres. L’étude révèle ainsi que si les très jeunes femmes sans conjoint et en situation de précarité sont surreprésentées, elles ne sont pas les seules à accoucher dans le secret. L'âge moyen des femmes est de 26 ans et la plupart d'entre elles vivent seules et sans enfant, mais d’autres profils se dessinent. L’auteure de l’étude, Catherine Villeneuve-Gokalp, établit ainsi qu’un tiers d'entre elles ont plus de 30 ans et que si trois mères sur quatre sont étudiantes, chômeuses ou inactives, 25% d'entre elles sont indépendantes financièrement. La configuration familiale la plus répandue reste celle d’une femme seule sans enfant.

Quant aux motivations de l’abandon de l’enfant, les mères évoquent dans 43% les relations avec le père. « Les femmes évoquent leur séparation (24%) ou son refus de devenir père (7%), ou bien elles le décrivent comme un homme dont elles craignent le comportement : inquiétant, violent, délinquant, en prison, toxicomane ou alcoolique », précise l’étude. Au-delà de ce facteur, les difficultés matérielles sont également souvent évoquées ainsi que pour quasiment une mère sur cinq leur incapacité « d’investir ou d’assumer un enfant parce qu’elle se sent trop jeune ». Certaines d’entre elles (11%) craignent également que l’arrivée de l’enfant ne soit un obstacle à la construction de leur avenir. Autre motif : une pression sociale ou culturelle ainsi qu’une crainte du rejet qui pousse les femmes à cacher leur grossesse et à accoucher dans le secret.

Par ailleurs, l’étude établit que la plupart de ces grossesses ont été apprises tardivement par les mères, trop tard pour envisager l’IVG. Près de la moitié d’entre elles s’en rendent compte ainsi au second trimestre, 38% au troisième trimestre et 9% ne le découvrent que le jour même de l’accouchement. « Près de deux fois sur trois, la décision de remettre l’enfant a été celle de la femme et moins de deux fois sur dix celle du couple », relève Catherine Villeneuve-Gokalp. Reste que le délai de deux mois de réflexion laissé à la mère après l'accouchement permet à 14% des mères revenir sur leur anonymat et de reprendre leur enfant. Néanmoins, 47% des femmes qui accouchent sous X ne laissent aucun renseignement identifiant dans leur dossier. C’est pour ce type de situation que le Conseil national d'accès aux origines personnelles (CNAOP) a été mis en place en 2002, afin de faciliter l'accès des enfants nés sous X à des informations sur leur mère biologique. Un conseil vivement critiqué par les associations d’anciens pupilles, qui jugent qu’il bafoue le droit à la confidentialité des mères qui accouchent sous X.

Marion Roucheux

Crédit photo : iStockphoto

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Par La rédaction | Journaliste
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