Le "harceleur à la couronne" du métro parisien sous le coup d'une enquête

Le "harceleur à la couronne" sous le coup d'une enquête
Le "harceleur à la couronne" sous le coup d'une enquête
L'homme coiffé d'une couronne qui s'installait dans les couloirs du métro parisien pour distribuer des "free hugs" embrassait en réalité les passantes de force. Dénoncé depuis plusieurs mois à la RATP et sur Twitter notamment, il a aujourd'hui été licencié de son poste à la Mairie de Paris et est sous le coup d'une enquête du procureur de la République.
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Cela fait plusieurs mois que de nombreuses Parisiennes se tournent vers Twitter pour le signaler et poster des photos, et environ quatre ans que l'homme sévit. Wilhelm S., 26 ans, a été vu à de nombreuses reprises dans les couloirs du métro, une couronne Burger King sur la tête et un panneau "free hugs" ("câlins gratuits", en français) dans les mains. Il procède souvent de la même manière : il s'installe dans un coin et puis quand une femme s'approche, il l'embrasse de force. Une internaute a même témoigné l'avoir évité de justesse dans la rue.

Signalé à la RATP des dizaines de fois par les victimes de ses agressions sexuelles ou les témoins de ses déplacements, il n'avait pourtant jamais été interpellé. Libération rapporte d'ailleurs que la régie des transports se serait avouée impuissante : "Il faut que les victimes portent plainte auprès de la police pour qu'il y ait une enquête ou une interpellation. Nous, on dispose de 50 000 caméras et on peut donner les bandes à la police sur réquisition", a-t-elle expliqué.

Une réponse peu satisfaite selon les victimes du "harceleur à la couronne" : "On en a ras le bol de se faire coincer deux fois par mois par ce gros porc. Je vous préviens toujours à la seconde même où je le vois."

La situation était devenue urgente, le nombre de femmes agressées grandissant.

Mais c'est de la Mairie de Paris, son employeur, que viendra l'action. Après qu'une Parisienne l'ait reconnu sur l'une des photos postées sur Twitter comme animateur en charge de ses enfants lorsqu'ils sont à l'école, elle contacte les services, comme l'explique Paul Aveline qui a mené l'enquête pour Libération. L'homme est identifié par plusieurs employé·es puis confronté par une collègue. Il se serait expliqué en disant qu'il faisait de la "poésie participative" dans les rames du métro - un fait confirmé par plusieurs usagers.

La mairie de Paris l'a alors signalé au procureur de la République, qui a ouvert une enquête, après avoir mis fin à ses fonctions de vacataire en janvier.

Aujourd'hui, si l'enquête suit son cours, personne n'a encore porté plainte contre le harceleur à la couronne, qui risquerait jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende s'il est reconnu coupable d'agression sexuelle.