Comment se libérer de l'inquiétude compulsive

Comment se débarrasser de l'inquiétude compulsive
Comment se débarrasser de l'inquiétude compulsive
Nos angoisses nous suivent partout, jusque sous la couette. Si vous aussi, vous subissez le phénomène, voici quoi faire pour tenter de s'en défaire.
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L'inquiétude est humaine. Qu'elle se manifeste en amont d'une situation physique ou plus psychologique, elle nous permet d'évaluer ses conséquences, et également son danger. Une sorte de protection mentale mêlée d'instinct qui a le don de nous garder saine et sauve - au sens propre comme au figuré. Mais c'est aussi un phénomène qui, à outrance - lorsqu'il est irrationnel et surtout excessif -, peut nous diriger tout droit vers les méandres vertigineuses de l'anxiété et, plus gravement, de la dépression. Sans aller jusqu'aux extrêmes, il est donc nécessaire de s'assurer qu'à force de se faire du souci, on ne tombe pas dans le piège commun d'une inquiétude démesurée : celle qui nous empêche de dormir, qui nous file la peur de tout, qui va même jusqu'à nous paralyser.

Car, au-delà de maux immédiats à l'instar de l'insomnie, celle-ci se transforme rapidement en stress et libère ainsi une dose élevée de cortisol dans notre système. Hormone qui à long terme, agit de manière néfaste sur notre cerveau, et notamment sur la mémoire. Rien de bien prometteur, on vous l'accorde. Mais peut-on réellement y faire grand chose quand, à trois heures trente-huit du matin, on se retrouve une fois de plus les yeux grands ouverts, la tête farcie de pensées peu agréables qui concernent généralement le travail, l'administratif, ou le sentimental, et qui tournent en boucle jusqu'à parfois rendre notre respiration presque haletante ? Il semblerait que oui. On vous donne quelques mécanismes pour venir à bout de cet engrenage avant qu'il ne s'empire.

1- Nommer le problème plutôt que se concentrer sur ses émotions

Ce qui nous tient éveillée la nuit et s'empare de notre esprit la journée est parfois abstrait, comme un projet professionnel, une envie personnelle. Et parfois aussi simple qu'une liste de rendez-vous à prendre dans la semaine. Dans les deux cas, la sensation peut sembler similaire : on se sent submergée. On se noie dans le verre d'eau de notre quotidien sans savoir par où commencer - tout en culpabilisant de réaliser que la pression que l'on se met n'est pas forcément justifiée. Un cocktail qui est loin de rimer avec sérénité.

D'abord, du calme. Respirez puis agissez de façon méthodique.

La première chose à faire est de définir ce qui nous angoisse. De l'écrire si besoin, pour mieux le maîtriser. "Name it to tame it" ("Nomme-le pour le dompter"), comme disent les Anglophones, dont l'art du mantra n'a pas d'égal. Une astuce qui peut paraître simpliste, mais qui marche. Pour la bonne raison qu'une fois que vos soucis seront sur le papier plutôt que dans votre tête, la charge mentale diminuera, laissant davantage de place à l'action - et donc à la résolution desdits soucis.

2- Transformer l'inquiétude en liste d'actions positives

Rationaliser au lieu de s'inquiéter. Agir au lieu de réfléchir, donc. Pour ce faire, se concocter une to-do list reste un moyen redoutablement efficace. Il y a plusieurs écoles : le papier ou le digital. Reste à savoir ce qui vous procure le plus de satisfaction. Rayer une ligne d'un coup tranchant de stylo ou l'effacer pour toujours de votre Google Agenda ? Ce qui est sûr, c'est que plus on note de façon détaillée les étapes qui nous permettront de se débarrasser d'un tracas, plus on diminue son importance dans notre esprit - et le sentiment étouffant d'insatisfaction avec.

Plutôt que "déménagement", on listera ainsi tout ce qui constitue cette charge : "acheter cartons", "trier garde-robe", "engager déménageurs". Plutôt que "deadline projet", on essaiera ainsi de le fractionner en plusieurs partie que l'on étalera jusqu'au jour de rendu. Une manière de prouver à notre cerveau que l'on avance sur le dossier, et qu'il n'y a donc aucune raison de s'en inquiéter.

3- Accepter ce qu'on ne peut pas changer

"La peur n'évite pas le danger", disait ma grand-mère, et apparemment aussi Misha Defonseca, auteur de Survivre avec les loups. Si six mots ne réussiront pas nécessairement à venir à bout de notre inlassable ruminement intérieur, leur sens peut cependant nous aider à relativiser. Et surtout à accepter nos émotions comme elles viennent, au lieu de les redouter et de les transformer plus ou moins consciemment en une boule de stress et d'inquiétude suffocante.

Ainsi, Melanie Greenberg, Docteure en psychologie, explique à Psychology Today que "Nous ne pouvons pas empêcher l'apparition de pensées et de sentiments négatifs, mais si nous pouvons les considérer comme des événements mentaux passagers, et non comme le reflet de notre valeur en tant qu'être humain, ils ne doivent pas s'attarder et gâcher notre joie dans la vie." Traduction : vivez ce qui vous inquiète, ce qui vous chagrine quand l'émotion se présente, mais tentez de ne pas vous y attacher. Ayez davantage confiance en votre capacité à régler vos problèmes. Soyez sûre de votre force et de vos compétences, et ce, dans tous les domaines.

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