Une peine qui ne manque pas de sel pour cet animateur condamné pour propos sexistes

Baby Etchecopar
Baby Etchecopar
Condamné le 20 décembre pour des propos sexistes et injurieux, un animateur radio argentin a passé un accord pour le moins original. Une condamnation qui intervient dans un contexte argentin tendu sur le plan des droits des femmes.
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Pour arriver à une société plus égalitaire il faut de la sueur. Il faut se pencher sur les études de genre, il faut s'intéresser au féminisme et à la déconstruction de ce qu'est la féminité ou la masculinité. Alors oui, pour y accorder de l'attention et ne pas basculer dans la facilité, il faut y réserver quelques neurones.


Il y en a un qui a basculé dans la facilité et la paresse intellectuelle en traitant les féministes de "féminazis" et de "dégoutantes", c'est Baby Etchecopar un animateur de radio argentin. Celui qui anime l'émission El Angel del Mediodia (L'ange de midi) a été condamné pour discrimination et violence de genre comme le rapporte le journal Le Monde.


Le procureur de Buenos Aires Frederico Villalba Diaz qui a relevé huit propos sexistes a déclaré au journal argentin La Nacion qu'ils étaient "désobligeants, insultants, offensants, dénigrants et discriminatoires envers les femmes".


Sa condamnation prononcée le 20 décembre ne manque pas de sel puisqu'il devra à partir du mois de mars inclure dans son programme, dix minutes de féminisme par semaine, de manière ininterrompue, ni par lui ni par la publicité.

Une liste de personnes à inviter lui sera fournie, et inclura des spécialistes des questions de genre. Il a également dû s'excuser de manière publique pour ses propos et a versé 346 euros à une organisation caritative.


Il s'agit d'un accord judiciaire, si l'animateur reprononce un propos sexiste pendant un an, la procédure judiciaire sera reprise. Cet aménagement a été conclu avec le procureur, car Baby Etchecopar a fait preuve de repentance au moment de se rendre devant la justice comme l'explique La Nacion.


Le #MeToo argentin


Cette condamnation intervient dans un contexte particulier en Argentine. Un #MeToo argentin a commencé début décembre dans le pays sous le hashtag #MiráCómoNosPonemos ("Regarde dans quel état tu nous mets").


C'est l'actrice Thelma Fardin qui a raconté dans une vidéo publiée le 11 décembre le viol dont elle a été la victime de la part de l'acteur Juan Darthès. A l'époque des faits en 2009, elle avait 16 ans, il en avait 45 ans.

Dans la vidéo elle décrit la scène : "Il a pris ma main et m'a dit : 'Regarde dans quel état tu me mets', me faisant sentir son érection."


A la suite de cette vidéo qui a secoué l'Argentine, le président Mauricio Macri a fait voter en urgence le 19 décembre une loi qui oblige tous les officiel·les gouvernentaux·tales à prendre des cours sur l'égalité des genres. Ce projet a été appelée Loi Micaela Garcia en hommage à une jeune femme de 21 ans, kidnappée, violée et tuée en 2017.


L'Argentine fait parti des pays d'Amérique Latine les plus en pointe dans le militantisme féministe.