En guerre contre la tutelle sous son père, Britney Spears gagne une première bataille

Mobilisation #FreeBritney à Los Angeles, le 17 mars 2021.
Mobilisation #FreeBritney à Los Angeles, le 17 mars 2021.
Dans cette photo : Britney Spears
Mercredi 14 juillet, la pop star demandait une nouvelle fois, lors d'une audience par téléphone, qu'on la libère d'une "tutelle abusive" exercée par son père, Jamie Spears. Elle vient d'obtenir une première victoire : le droit de choisir son propre avocat.
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Cela fait 13 ans que Britney Spears vit sous la tutelle de son père, Jamie Spears. Une mesure qui implique que la grande majorité des décisions la concernant - professionnelles comme privées - soient gérées et validées par l'homme avec qui elle entretient depuis longtemps des relations conflictuelles. Contrats, traitement, finances, contraception (elle confiait être dans l'incapacité de se faire retirer son stérilet sans son accord)... rien ou presque ne semble échapper au contrôle du paternel, qui prive l'artiste de 39 ans d'une grande partie de son autonomie. Lui, plaide agir par volonté de la "protéger" de ceux qui voudraient profiter d'elle.

Le 23 juin, l'interprète de Toxic a été entendue lors d'une audience téléphonique avec la juge Brenda Penny dans un tribunal de Los Angeles. Pendant 20 minutes, elle a livré ce qu'elle affirme être son quotidien, et l'impuissance avec laquelle elle dit voir défiler les années. A commencer par le rythme éreintant auquel on l'a contrainte.

"Si je ne faisais pas mes réunions et que je ne travaillais pas de huit heures à six heures du soir, ce qui fait 10 heures par jour, sept jours par semaine, sans jours de repos, je ne pouvais pas voir mes enfants ou mon petit ami. Je n'ai jamais eu mon mot à dire sur mon emploi du temps. Ils m'ont toujours dit que je devais faire ça". Britney Spears concluait, désemparée, se qualifiant "traumatisée" et "déprimée" : "je veux juste reprendre ma vie, ça fait treize ans et ça suffit".

Bonne nouvelle : au vu des derniers rebondissements dans l'une des affaires les plus suivies des Etats-Unis, elle pourrait avoir une chance d'y parvenir.

"Je dois me débarrasser de mon père"

Britney Spears a pu choisir son avocat.
Britney Spears a pu choisir son avocat.
Dans cette photo : Britney Spears

Ce mercredi 14 juillet, elle s'est de nouveau exprimée auprès de la magistrate à distance, ajoutant cette fois qu'elle souhaitait porter plainte contre son tuteur. "Je suis ici pour porter plainte. Je suis en colère et je vais y aller. Vous permettez à mon père de ruiner ma vie. Je dois me débarrasser de mon père et l'accuser d'abus de tutelle", a-t-elle lancée, déterminée, lors d'une audience dont les propos ont été rapportés par la BBC .

En larmes, la jeune femme a même émis l'idée d'une "ordonnance de protection" à l'encontre de Jamie Spears, détaille l'AFP, implorant encore la cour de mettre fin à cette "tutelle abusive". Des mots et une émotion qui ont certainement penché en sa faveur puisque Brenda Penny l'a autorisée, le même jour, à choisir son propre avocat pour la suite de la procédure - chose qui lui était impossible jusqu'alors.

Le rôle a été immédiatement attribué à l'ancien procureur fédéral Mathew Rosengart, ténor du barreau ayant déjà représenté Sean Penn ou Steven Spielberg, qui a annoncé déposer "dès que possible" une requête pour démettre Jamie Spears de sa main-mise sur les biens et faits et gestes de sa fille. A noter que la chanteuse devra payer l'ensemble des frais juridiques, avocats de son père compris.

Un soutien massif

Cette victoire a semé un vent de joie dans les rangs des (nombreux·se·s) supporters et supportrices de la star. Notamment chez les membres du mouvement #FreeBritney, créé il y a 13 ans, qui luttent pour sa "libération" par le biais de campagnes sur les réseaux sociaux où de mobilisation physique dans les rues ou devant les tribunaux, comme ce mercredi 14 juillet. "Il ne s'agit pas seulement de Britney. Mais aussi de toutes les autres personnes qui sont piégées [par une forme de tutelle]", lance à l'agence française Patrick Thomas, organisateur d'une marche à Washington.

A Hollywood, même ralliement autour de l'icône des années 90-2000. Mariah Carey, Paris Hilton, Rose McGowan (et même son ex-petit ami Justin Timberlake, dans un texte toutefois largement critiqué), ont témoigné leur soutien en ligne, dénonçant au passage une misogynie crasse dans l'industrie du divertissement, comme plus largement au sein de la société.

Au-delà du parti-pris du public, reste à ce que la justice opère. En attendant, comme l'atteste sa dernière vidéo sur Instagram estampillée #FreeBritney (une première), Britney Spears, elle, compte bien "célébrer la nouvelle en faisant du cheval et des roues".