Quand la "tendance" des cheveux blancs devient libératrice

Les cheveux blancs : de la tendance au mouvement
Les cheveux blancs : de la tendance au mouvement
Depuis quelques années, beaucoup de femmes laissent leurs cheveux blancs prendre le dessus. Une "tendance" aux allures de mouvement libérateur.
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On voit de plus en plus de femmes, connues ou non, arrêter de se colorer les cheveux quand ils virent au blanc, au gris, au poivre et sel. Certaines teignent le reste de leurs mèches de la même nuance que leurs pousses naturelles pour adoucir la transition, d'autres attendent simplement que le temps fasse son boulot, et arborent leurs racines au quotidien.

Il y a même un mot qui définit cette couleur : être "blande". Une jolie expression qui reste en tête et sur la tête. Les médias et les réseaux sociaux aussi, s'enflamment à la vue de cette nouvelle "tendance" (à l'instar de grombre, le compte Instagram qui célèbre le gris). Et on comprend pourquoi : c'est beau.

Sauf qu'on ne peut pas vraiment la qualifier ainsi. Car si la crinière argentée, aussi élégante soit-elle, séduit une foule d'adeptes qui grandit de saison en saison, il s'agit pourtant moins d'une mode que des effets de l'âge, de la vie qui suit son chemin. Qui peuvent aussi se manifester plus tôt que prévu mais qui ne sont en aucun cas synonyme d'une péremption sociétale.

On a longtemps demandé aux femmes de cacher leurs cheveux blancs, leur "blandeur". Les femmes elles-mêmes, d'ailleurs, étaient les premières critiques parfois brutales de ces cheveux plus épais et plus clairs qui annonçaient l'arrêt de la synthèse de la mélanine - et donc la plupart du temps, le vieillissement.

Surtout, on a longtemps fait comprendre aux femmes qu'il fallait choisir entre rester jeune ou disparaître. On leur a demandé de se bourrer d'anti-rides, de botox, et d'user de toutes les astuces possibles et inimaginables pour camoufler ces signes de vie sur leur visage.

"Ne pas faire son âge" est devenu le plus beau compliment que l'on puisse entendre. Pourtant, c'est justement en faisant son âge que l'on s'épanouit. Il paraîtrait même que c'est entre 40 et 50 ans que l'on vit le mieux sa sexualité, que l'on se sent le mieux dans sa peau.

Alors aujourd'hui, quand on voit le défilé de "blandes" qui envahit Internet, les rues et les magazines, au-delà d'applaudir la tendance et son style incontestable, on se réjouit surtout de voir toutes ces femmes qui font leur âge, et qui en sont fières. N'en déplaise à Yann Moix.