Pourquoi le confinement fait exploser l'infidélité en ligne

Le confinement fait exploser l'infidélité en ligne
Le confinement fait exploser l'infidélité en ligne
On aurait pu penser que les couples en zone de turbulences saisiraient l'occasion de ces semaines en tête-à-tête pour bosser leur relation, à tort. Ce serait même tout l'inverse : depuis le début du confinement, le taux de l'infidélité en ligne a atteint des records.
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L'amour au temps du confinement, vaste sujet. Comment se supporter, comment continuer à être séduite par des détails autrefois attirants, vite écrasés par une proximité trop prolongée... Et maintenant : comment ne pas tromper ? Oui car, si les déplacements chez un·e potentiel·le amant·e, les rencontres au bureau ou en soirée, et les 5 à 7 sulfureux dans un hôtel sont exclus au temps du confinement, l'infidélité virtuelle, elle, n'aurait jamais connu un tel succès. Plutôt qu'à l'extérieur, c'est en ligne que les internautes en mal d'attention se retrouvent, et tentent d'échapper à un quotidien qu'elles et ils considèrent oppressant. Et d'autant plus en ce moment.

Sur Gleeden, le site-appli qui propose de "croquer la pomme" et de s'adonner aux plaisirs extra-conjugaux, le trafic explose. + 260 % de visites et + 170 % d'inscriptions par rapport à d'habitude. Il faut dire qu'il y a de quoi vouloir passer le temps autrement que devant Netflix, ou les mains dans une pâte pour banana bread. Pour Solène Paillet, directrice marketing, l'explication viendrait de la quête de contact. "Pendant le confinement, les Français s'orientent vers les applications de rencontres pour retrouver un peu de lien social", affirme-t-elle. "En se rendant sur Gleeden, ils savent qu'ils pourront dialoguer avec des personnes mariées (ou en couple) qui sont confrontées aux mêmes difficultés qu'eux, tout en ayant un niveau de discrétion et de confidentialité introuvable sur d'autres plateformes".

La discrétion, c'est justement l'argument numéro un de la marque, qui propose à ses adeptes une sortie de secours en cas d'"urgence" (comprenez votre partenaire officiel·le qui revient de son footing) : secouer son téléphone pour se déconnecter instantanément de l'appli. Efficace et intrigant, du moins pour 76 % des utilisateur·ices, qui y ont eu recours depuis le 17 mars.

Cultiver son jardin secret

L'autre raison pour laquelle les relations e-adultérines ont la cote, c'est le manque d'intimité qu'implique le confinement. Si les contes de fées voudraient qu'on soit capable de partager tout ce qui nous anime avec notre moitié, la réalité est toute autre. Chacun·e (ou presque) a besoin de conserver un espace privé, pour vaquer à des occupations personnelles et surtout décompresser des conversations tendues que la situation renforce. Et ce qui se cantonne à un binge-watching de téléréalité solo sous la couette pour certain·e·s, se traduirait apparemment par des sextos à un·e inconnu·e pour d'autres.

"En cette période de crise sanitaire mondiale qui chamboule tous les aspects de nos vies, les personnes en couple sont encore plus touchées que les personnes seules car elles doivent s'adapter rapidement à vivre 24 heures sur 24 avec leur partenaire", poursuit Solène Paillet. "Ce huis clos imposé fait forcément émerger des tensions et il n'y a plus d'échappatoire possible dans la vie réelle. L'appli de rencontres va donc leur permettre de retrouver un peu d'intimité et de cultiver leur jardin secret entre personnes qui se comprennent". Une compréhension croissante, il faut croire, puisque le temps moyen d'échange entre inscrit·e·s est passé de 1 heure à 2 h 30.

Alors bien sûr, si vous chopez l'autre en train d'agiter frénétiquement son smartphone quand vous entrez dans la pièce, ne soupçonnez pas tout de suite un manquement à votre exclusivité. Histoire de dissiper le doute, parlez : la communication est forcément bénéfique. Et si toutes ces discussions vous inspirent un besoin urgent de vous évader quelques heures en bonne compagnie, il est toujours temps d'aller faire un tour en ligne...