Amy Coney Barrett, la "chouchoute" réac de Trump pour remplacer Ruth Bader Ginsburg

Amy Coney Barrett, la "chouchoute" réac de Trump pour remplacer Ruth Bader Ginsburg
Amy Coney Barrett, la "chouchoute" réac de Trump pour remplacer Ruth Bader Ginsburg
La juriste féministe Ruth Bader Ginsburg s'est éteinte à 87 ans, ce 18 septembre. Qui la remplacera à la Cour suprême des Etats-Unis ? Parmi les favori·e·s de Donald Trump, Amy Coney Barrett, éminament pro-vie. Du pain béni pour la droite religieuse.
A lire aussi

La juriste Ruth Bader Ginsburg était une icône du combat pour les droits des femmes. Sa disparition ce 18 septembre à l'âge de 87 ans, plonge la politique américaine dans l'incertitude. Qui remplacera cette championne de l'égalité à la Cour suprême des Etats-Unis ?

Au lendemain de sa mort, Donald Trump se positionne déjà sur de potentielles successeuses (il a promis qu'il choisirait une femme) à son siège. Après avoir nommé le très controversé, et accusé d'agression sexuelle par Christine Blasey Ford, Brett Kavanaugh, le président des Etats-Unis songerait à trois noms de juges républicaines. Sur la short-list, Barbara Lagoa, 52 ans, première femme hispano-américaine nommée à la Cour suprême de Floride, et Allison Rushing, nommée à la quatrième cour d'appel de Richmond en Virginie en 2018, à seulement 35 ans. Mais sa favorite est Amy Coney Barrett, 48 ans.

Des craintes du côté des pro-choix...

Je réserve [Amy Coney Barrett] lorsqu'il faudra remplacer Ginsburg, avait-il déjà dit en 2018, d'après le journaliste Jonathan Swan d'Axios. Fervente catholique et mère de sept enfants, celle qui siège actuellement à la cour d'appel des États-Unis pour le septième circuit suscite de larges inquiétudes parmi les progressistes, comme le souligne The Guardian. Car ses positions seraient largement dictées par une foi conservatrice, à en croire ses homologues démocrates. Parmi eux et elles, la sénatrice californienne Dianne Feinstein, qui lui avait lancé lors d'une audience de confirmation à son poste en 2017 : "Le dogme vit fort en vous."

Beaucoup craignent par exemple qu'en cas de confirmation sur le banc de la Cour Suprême, Amy Coney Barrett vote pour l'annulation de l'arrêt Roe contre Wade de 1973, qui garantit le droit à l'avortement auquel elle s'oppose fermement. Elle estime ainsi que la loi cinquantenaire aurait créé "un cadre d'avortement à la demande". Des propos non sans rappeler ceux de la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, en 2012, alors qu'elle tentait de justifier le déremboursement de l'IVG en dénonçant la soi-disante multiplication des "avortements de confort".

"[Amy Coney Barrett] a clairement indiqué qu'elle invaliderait l'Affordable Care Act (aussi surnommée "Obamacare", ndlr) et retirerait les soins de santé à des millions de personnes, tout en sapant la liberté de reproduction des femmes", condamne Nan Aron, présidente de l'Alliance pour la justice, un groupe libéral, auprès des journalistes du New York Times.

"Ses convictions religieuses sont pro-vie, et elle vit ces convictions", déclare à son tour au magazine américain Patrick J. Schiltz, juge d'un district américain du Minnesota, qui comme la juge Barrett est catholique. Pourtant, en 2018, elle avait voté en faveur d'une loi de Chicago protégeant les femmes entrant dans les cliniques d'avortement contre les interactions indésirables avec les manifestants. Et de répondre indirectement : "Je ne vois aucun conflit entre une foi sincère et les devoirs d'un juge. Je n'imposerais jamais mes propres convictions personnelles à la loi."

... et de la communauté LGBT+

En plus du clan libéral et des militant·e·s pro-choix, la nomination potentielle d'Amy Coney Barrett alarme aussi la communauté LGBT+. Si elle ne s'est pas exprimée clairement sur le mariage gay, ses convictions religieuses et ses opinions publiquement avouées sur "le mariage et la famille fondés sur l'engagement indissoluble d'un homme et d'une femme" ont de quoi inquiéter celles et ceux qui ne rentrent pas dans le moule réducteur de l'hétéronormativité.

Le journal canadien La Presse assure cependant que la magistrate a juré de son côté qu'elle respecterait "tous les précédents de la Cour suprême" en tant que juge d'appel. Reste à savoir si, avec six voix républicaines contre trois démocrates qu'impliqueraient sa désignation, la balance ne penche pas automatiquement vers une juridiction rétrograde.