Comment le Covid-19 a fait exploser les ventes du "pisse-debout" féminin

Comment le Covid-19 a fait exploser les ventes du "pisse-debout" féminin
Comment le Covid-19 a fait exploser les ventes du "pisse-debout" féminin
Au Royaume-Uni, le "pisse-debout" a permis aux femmes de se soulager lors de longs après-midis dans les parcs alors que les toilettes publiques sont fermées, Covid-19 oblige. Un succès pour le moins inattendu.
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En entendant parler du gadget, on ne savait pas s'il s'agissait d'une blague ou d'une invention géniale. Maintenant, on penche pour la deuxième option. Le "pisse-debout", comme son nom l'indique, permet aux personnes qui n'ont pas de pénis de se soulager sans avoir à s'accroupir entre deux voitures, derrière un arbre, les fesses dans les ronces et le liquide chaud qui éclabousse des chaussures - souvent - ouvertes.

On n'a que trop subi cette injustice anatomique qui complique relativement les choses pour notre confort personnel, et nous pousse à s'incruster dans un café ou à faire la queue pendant vingt minutes devant les toilettes publiques - pour finir en squat au-dessus de la cuvette.

Au Royaume-Uni, Covid-19 oblige, lesdites toilettes publiques ont fermé. Dans les parcs - eux restés ouverts - où les Britanniques aiment passer de longues heures assis·e·s entre ami·e·s à siroter des bières, encore plus quand il s'agit du quasi seul loisir autorisé, la logistique de la pause-pipi fréquemment nécessaire s'est donc complexifiée.

"On met plus longtemps que les hommes à remonter notre pantalon, il faut éviter les orties, et puis quelqu'un pourrait nous voir... C'est l'angoisse !", lance Natasha Bright, Mancunienne de 33 ans, dans un témoignage à coeur ouvert au Guardian. "Quand j'avais le choix entre boire et devoir aller derrière un buisson, ou ne rien boire et attendre d'être à la maison, c'était vite vu !" Résultat : une vessie grosse comme un pomme et une culotte qui morfle.

Pour Susie Mesure, c'en était trop. En juin dernier, la journaliste du média outre-Manche a donc décidé d'investir dans un Shewee (littéralement "elle fait pipi", en anglais) pour éviter de se retenir jusqu'à chez elle. "Un entonnoir en plastique en forme de cuillère qui transforme le pipi en une activité debout pour ceux et celles qui sont habitué·e·s à être assis·e·s", précise-t-elle. Et apparemment, elle n'est pas la seule à y avoir désormais recours.

700 % de ventes en plus en 2020

D'abord destiné au marché en plein air, le Shewee est devenu un incontournable des festivalier·e·s. Et incroyable ou non, les ventes de cet accessoire fabriqué au Royaume-Uni ont augmenté de 700 % par rapport à la même période l'année dernière. "C'est devenu fou", déclare au Guardian Hayley Murray, qui travaille pour la société basée dans le North Yorkshire. "Nous étions un peu inquiets lorsque les festivals ont été annulés, mais il s'avère que nous sommes plus actifs que jamais".

Samantha Fountain, qui a fondé Shewee en 1999, explique au même journal que l'idée lui est venue dans un souci d'égalité. "Utiliser les toilettes publiques ne pose aucun problème aux hommes. Mais pour les femmes, c'est différent. Nos fesses touchent tout et n'importe quoi, les files d'attente sont interminables. Un jour, en observant un applicateur de tampon, je me suis dit que ça serait super de pouvoir faire pipi à travers." Et son produit est particulièrement demandé dans le contexte actuel, admet-elle. "Aujourd'hui, avec la pandémie, nous sommes plus que jamais à l'extérieur. Mais avec cela vient la pensée : 'Où vais-je aller aux toilettes ?' Un petit tour sur Google et Shewee apparaît".

Le best-seller de la marque, c'est le modèle Shewee Extreme. Il est livré avec un tube supplémentaire, pour allonger sa visée - pratique pour éviter les fameuses éclaboussures aux pieds - et présenté dans un étui en plastique dur qui permet de le ranger une fois terminé. En bonus, le petit compartiment pour papier toilettes et la poche à pipi inodore Peebol. Tout le confort, sans l'effort.

"Je peux faire pipi aussi facilement que mon copain"

Pour celles qui ont passé le pas, l'essayer c'est l'adopter. Natasha Bright comme Susie Mesure assurent que la gêne sociale du début passe avec la facilité d'utilisation. On se cache derrière un arbre, à l'abri des regards, on insère le petit entonnoir sous sa vulve ("Pas besoin de retirer son sous-vêtement, le faire glisser suffit", garantit la journaliste), on emboîte le tube, et on cible les racines. Un jeu d'enfant - ou de petit garçon.

La Mancunienne s'extasie : "Grâce à ça, je peux faire pipi aussi facilement que mon copain". Soma Ghosh, une écrivaine et artiste de 39 ans, confie à son tour au Guardian que le gadget était "essentiel quand j'étais enceinte, parce que j'avais besoin d'y aller beaucoup plus souvent". Aujourd'hui, quand elle sort son Shewee, elle se sent "libérée". "Pouvoir se lever et faire pipi rapidement et en toute sécurité est le privilège masculin que je veux". Amen.