Emmanuel Macron réélu : quelles sont ses promesses pour les droits des femmes ?

Emmanuel Macron au Champ de Mars après sa réélection le 24 avril 2022
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Avec 58,54% des voix contre 41,46% pour Marine Le Pen, Emmanuel Macron a été réélu président de la République ce 24 avril. Mais alors que son précédent quinquennat fut largement critiqué par les associations féministes, s'interroger sur ses nouvelles ambitions concernant les droits des femmes est plus que jamais nécessaire.
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Avec 58,54% des voix contre 41,46% pour Marine Le Pen, Emmanuel Macron a été réélu président de la République ce 24 avril. Mais alors que son précédent quinquennat, dont la lutte pour l'égalité des sexes devait être la "grande cause", a été fustigé par les associations féministes cinq ans durant, il convient d'emblée de s'interroger sur les nouvelles ambitions du président réélu concernant les droits des femmes.

Car si son bilan a été jugé "largement insuffisant" par lesdites associations, Emmanuel Macron a déclaré durant l'entre deux-tours que la grande cause de son nouveau quinquennat serait "l'égalité femmes-hommes, encore !". Et ce, propositions à l'appui.

Par exemple ? Automatiser le paiement par la CAF des pensions alimentaires, vitales notamment pour les mères de famille. Faire appliquer les sanctions financières dont font l'objet les entreprises ignorant les mesures permettant de réduire l'écart salarial femmes-hommes. Mais aussi, augmenter de 200 postes "le nombre d'intervenants sociaux" présents dans les commissariats dans le cadre des violences faites aux femmes.

Emmanuel Macron désirerait en outre assurer la création d'un service de dépôt de plainte en ligne (un test avait déjà été déployé en novembre 2021). Mais également, augmenter de 2 000 le nombre de postes de policiers spécialisés dans les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes.

Concernant ces mêmes enjeux toujours, le président a annoncé la création d'un pôle juridictionnel spécialisé et d'un fichier en ligne des auteurs de violences conjugales. En outre, Emmanuel Macron assure également que le montant des amendes pour harcèlement de rue atteindra désormais les 300€. Il sera donc triplé.

Durant le débat de l'entre deux tours, le candidat s'était dit "prêt à bouger" sur la "déconjugalisation" de l'allocation adulte handicapé. Emmanuel Macron a déclaré être "favorable à ce qu'on puisse corriger cet effet de bord" qui fait que "quand une personne qui a l'AAH se marie avec quelqu'un qui a beaucoup plus d'argent", elle perdrait son allocation. Un enjeu défendu par les associations, les personnes concernées et les voix militantes.

D'autres mesures (et une attente critique)

D'autres mesures ponctuent ce programme. Comme une hausse de l'allocation de soutien familial destinée aux familles monoparentales (allocation passant dès lors de 116 à 174€), la création d'une plateforme permettant aux femmes de prendre rendez-vous plus rapidement avec un gynécologue ("dans un délai de deux mois", précise à ce titre Madame Figaro), l'installation de permanences ponctuelles dans les territoires les plus touchés par le désert médical, ou encore, enjeu d'éducation, la réintroduction des mathématiques au tronc commun des classes de Terminale - une matière où les inégalités garçons/filles sont très fortes.

En dépit de ces annonces, force est de constater que ce "encore !" énoncé par Emmanuel Macron a comme un doux parfum d'immobilisme. Si des avancées ont été saluées durant son précédent quinquennat comme l'allongement du durée du congé paternité ou celui du délai légal de recours à une IVG (possible jusqu'à 14 semaines depuis février dernier), les moyens alloués aux droits des femmes étaient restés insuffisant. Ainsi, les associations féministes réclament un budget de 1 milliard d'euros (contre 340 millions durant le quinquennat).

Alors que l'extrême droite a échoué aux portes de la présidence, la balle est désormais dans le camp du président réélu. Celui-ci doit faire en sorte que sa "grande cause" n'aboutisse à un "bilan largement insuffisant" dans cinq ans. C'est ce sur quoi insiste aujourd'hui le collectif #NousToutes : "Monsieur le président, vous êtes responsable. L'inaction de votre gouvernement dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, votre mépris envers les victimes, vos effets de com', tout cela doit s'arrêter. Ce que nous voulons, ce sont des actes".

Et le communiqué de développer avec éloquence : "Tant que vous n'agirez pas, nous serons là. Quand vous nommerez votre gouvernement, nous serons là. A chaque désertion de l'Etat face à l'accompagnement des victimes nous serons là. Pour dénoncer les dysfonctionnements qui ont contribué à la mort de plus de 650 femmes sous votre quinquennat, nous serons là. Nous continuerons de réclamer des mesures ambitieuse pour faire REELLEMENT de l'égalité femmes-hommes la grande cause du quinquennat".