Son objectif ? Propulser les entrepreneuses françaises à l'international

Interview de Marie Georges, présidente de l'incubateur Willa
Interview de Marie Georges, présidente de l'incubateur Willa
Entrepreneuse inspirante et engagée, Marie Georges se distingue par son expertise en conseil et communication dans le domaine du développement durable. Depuis 2 ans, elle préside Willa, un incubateur international qui valorise l'entreprenariat au féminin.
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Entrepreneuse confirmée dans le domaine du développement durable, Marie Georges connaît l'incubateur de starts-up de Willa comme personne. Et pour cause : elle est l'une des premières à avoir profité de ses services lorsqu'elle a décidé de monter son entreprise, 13 ans plus tôt.

Présidente de Willa depuis 2 ans, Marie Georges encourage les femmes à lancer leur entreprise dans le secteur de la Tech. Elle donne un nouveau souffle à l'incubateur, anciennement appelé Paris Pionnières, avec la volonté d'accompagner les entrepreneuses partout en France, mais aussi à l'international.

Son objectif ? Faire de ces fondatrices de start-ups des rôles modèles, qui peuvent aider les plus jeunes entrepreneurs à se lancer. Chaque année, Willa sélectionne 150 entreprises et les aide à se développer grâce à des services de coaching et une mise en relation avec des experts qui suivent les entrepreneuses tout au long de leur aventure (élaboration du business plan, définition de la stratégie digitale, assistance dans les démarches juridiques etc).

Mais Marie Georges ne compte pas s'arrêter là : elle nourrit l'ambition de mettre en place un véritable écosystème des start-ups en intégrant tous les acteurs du développement des entreprises représentées par Willa : fondateur.ices, clients, business angels... Une condition sine qua none, selon la présidente, pour que l'entrepreneuriat au féminin incarné par Willa rayonne à l'international. Rencontre avec cette entrepreneuse inspirante et engagée.

Pourquoi avoir changé de nom et pourquoi avoir choisi Willa ?

M.G : Nous avons pris la direction d'opérer hors les murs, c'est-à-dire à l'étranger, alors que jusqu'ici on s'était principalement concentrés sur la France. D'où le changement de nom car "Paris Pionnières" sonnait un peu trop "Français".

Le mot "pionnières" me dérangeait aussi, car nous souhaitons vraiment faire évoluer les mentalités. Il y a 13 ans, être une femme entrepreneuse dans la Tech, c'était pionnier. Nous, on aimerait bien qu'en 2018, cela devienne la norme. Il est temps de sortir de cette image de "femme d'exception". On n'est pas d'obligée d'être héroïque quand on est entrepreneur dans la Tech et qu'on est une femme.

Le nom Willa vient du terme anglais "will", pour le côté futur et volonté,et aussi pour marquer notre ambition de nous développer à l'international. Et le "a", c'est pour la touche féminine.

Quelles valeurs souhaitez-vous défendre à travers Willa ?

M.G : Nous oeuvrons pour la mixité. Notre Conseil d'Administration est par exemple composé de 9 femmes et de 2 hommes. Pour intégrer Willa, les entreprises doivent compter au moins une femme parmi les fondateur.ices. Ce qui fait que, bien souvent, nous avons des équipes composées d'une femme et d'un homme.

Nous souhaitons pousser cette mixité à tous les niveaux, y compris dans les grands groupes, où les projets sont majoritairement dirigés par des hommes. Nous avons lancé "66 Miles", un programme d'intrapreneuriat à destination des femmes qui veulent lancer des projets au sein dans leur boîte et donc sans avoir besoin de démissionner.

Quelle a été l'épreuve la plus compliquée à surmonter depuis que vous présidez Willa ?

M.G : Je dirais toutes celles qui impliquent de se retrouver confrontée à quelque chose qu'on ne connaît pas, qu'on a jamais appris à faire. Chaque journée est un défi !

Comment avez-vous réussi à franchir ces obstacles ?

M.G : On les surmonte en étant entourée, grâce à des personnes qui nous font partager leur expérience et leur savoir-faire.

À l'époque où vous avez intégré Willa, vous montiez votre propre entreprise. Quel a été le déclic qui vous a encouragée à sauter le pas ?

M.G : L'envie d'entreprendre, tout simplement. Ça n'avait pas grand-chose à voir avec le fait de gagner de l'argent. J'éprouvais surtout un profond désir de monter mon propre projet. C'était très personnel.

Que conseillerez-vous à une personne qui souhaite se lancer dans la création de son entreprise ?

M.G : Une entreprise, c'est 80% des gens qui l'incarnent et 20% d'une idée. C'est surtout une énergie, une envie, une équipe. C'est d'ailleurs un critère de sélection très important chez Willa : si on rencontre quelqu'un sans idée précise de boîte mais avec une forte envie d'entreprendre, 1000 idées à la seconde et une énergie débordante, on va lui dire que c'est génial et on va tout faire pour l'encourager.

Selon vous, quelles sont les qualités essentielles pour réussir à aller au bout de ses projets ?

M.G : Beaucoup d'audace. Toujours penser que c'est possible, ne pas avoir peur d'y aller. En un mot, oser. C'est très important, surtout quand on est une femme ! Et surtout, ne pas rester isolé.e. C'est capital. Le parcours est trop semé d'embûches pour réussir seul.e. Que ce soit par des associés, des mentors, des proches, des coachs peu importe : il faut absolument être entouré.e !

Votre rêve le plus fou pour Willa ?

M.G : Contribuer à faire évoluer la société. Nous vivons une profonde transition sociale, économique et écologique dans la manière de créer de la richesse et d'équilibrer notre vie personnelle et notre travail. Je rêve d'apporter ma pierre à l'édifice, même si elle est toute petite, et de participer activement à ce changement.

Vos indispensables de travail ?

M.G : Mon smartphone !

Votre mantra favori ?

M.G : "Les femmes n'ont pas besoin de devenir des hommes pour réussir".

Votre secret pour ne pas craquer sous la pression ?

M.G : Passer du temps avec mes proches pour me ressourcer.

Vos astuces pour concilier vie pro et vie perso ?

M.G : Ne pas culpabiliser à l'idée de trop travailler ou de ne pas consacrer assez de temps à ses enfants. De trouver l'équilibre qui nous convient à nous et non à ce que nous dicte la société. Ce qui est dur pour une femme, c'est de se sentir tiraillée entre ses activités professionnelles et sa vie de famille. Il faut donc d'abord trouver son propre rythme : les autres l'accepteront.

Votre activité favorite quand vous ne travaillez pas ?

M.G : Être avec mes enfants.