Incarcéré pour viol, Georges Tron quitte ses fonctions à la mairie de Draveil

Georges Tron avec ses avocats Antoine Vey et Solange Doumic au palais de justice de Paris, France le 19 janvier 2021.
Georges Tron avec ses avocats Antoine Vey et Solange Doumic au palais de justice de Paris, France le 19 janvier 2021.
Condamné à cinq ans de prison, dont trois ans ferme, pour "viols et agressions sexuelles en réunion", le maire de Draveil Georges Tron vient (enfin) de quitter son poste.
A lire aussi

En février dernier, Georges Tron était condamné à cinq ans de prison, dont trois ans ferme, pour "viols et agressions sexuelles en réunion". L'aboutissement de dix ans de procédures judiciaires. Et ce, trois ans après un premier procès au cours duquel l'homme politique avait finalement été acquitté. Tron était alors notamment accusé d'agression sexuelle, et plus précisément "d'attouchements et pénétrations digitales" suite au dépôt de plainte de deux employées de la mairie de Draveil, dans l'Essonne, Virginie Ettel et Eva Loubrieux.

On l'imagine, le verdict final prononcé par la cour d'assises de Paris a sonné comme une victoire pour bien des voix politiques, citoyennes et féministes. "C'est un message de soulagement pour ma cliente et d'espoir pour d'autres femmes qui sont dans cette situation. Ça montre que le pot de terre peut commencer à s'armer pour lutter contre le pot de fer", déclarait alors Vincent Ollivier, l'un des avocats de la plaignante Virginie Ettel.

Cependant, jusqu'ici, Georges Tron occupait encore à distance sa fonction politique : son statut de maire de Draveil. Après plusieurs mois d'inaction, c'est seulement en cette fin-mai que le principal concerné vient de démissionner, comme nous l'apprend Le Parisien. Une situation abondamment commentée.

"C'est une bonne chose pour la démocratie"

"C'est pour ne pas perdre la face que Georges Tron démissionne", a d'emblée assuré Ursula Le Menn, porte-parole de l'association Osez le féminisme, au journal Libération. A l'inverse, le principal concerné aurait plutôt affirmé qu'il "ne disposait pas des moyens matériels" pour exercer ses fonctions de maire. "Georges Tron invoque une question de moyens et non d'éthique, ce dont on peut douter", tacle en retour la voix militante.

Et Ursula Le Menn n'est pas la seule à douter de cet argumentaire "officiel". Elu écologiste, François Damerval insiste également sur cette dimension éthique, comme le rapporte encore Libé : "La démission de Georges Tron est une décision logique. Elle vient clarifier une situation qui était devenue compliquée particulièrement pour les habitants de Draveil et difficilement supportable par les victimes", a développé l'homme politique.

"Cette démission est une bonne chose pour la démocratie, les citoyens attendent de leurs élus une exemplarité", a quant à lui déclaré à l'AFP l'ancien candidat à la mairie de Draveil François Guignard. Nombreuses sont donc les paroles politiques à envisager ce départ comme la finalité attendue d'un long combat pour la justice. En février dernier déjà, la candidate à la primaire d'EELV et militante féministe Sandrine Rousseau se félicitait du verdict de la cour d'assises de Paris, "la première condamnation en France d'un homme de pouvoir pour viol".

Exceptionnel, donc. "[Cette démission] c'est la moindre des choses", a finalement et sobrement commenté Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, chargée de la Citoyenneté.