Le simulateur d'accouchement SIM37 serait potentiellement dangereux

Simulateur accouhement SIM37 : coûteux et potentiellement dangereux
Simulateur accouhement SIM37 : coûteux et potentiellement dangereux
Un rapport de l'Institut de recherche et d'action pour la santé des femmes (IRASF) alerte sur le caractère coûteux et potentiellement dangereux du simulateur d'accouchement SIM37.
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L'accouchement, tout comme les règles et la santé des seniors, est devenu un business. Plusieurs laboratoires proposent par exemple des examens par IRM présentés comme des simulateurs d'accouchement afin de prédire si la patiente devra pratiquer une césarienne ou non le jour J.

Parmi ces offres, le SIM37, un test proposé par la société BabyProgress au tarif de 900 euros. Une coquette somme pour un examen qui ne serait, d'après un rapport de l'Institut de recherches et d'actions pour la santé des femmes (IRASF), rien d'autre qu'une belle arnaque.

Selon la société, cet examen pratiqué lors du 8e mois du grossesse permettrait de réduire le nombre d'accouchements nécessitant une césarienne d'urgence et de prévenir certaines pathologies comme l'autisme ou les hémorragies cérébrales du foetus.

Une "pure invention", selon l'ISRAF

Dans un communiqué publié sur son site, l'ISRAF précise avoir rencontré le Docteur Olivier Ami, secrétaire général du Conseil National Professionnel de Gynécologie et Obstétrique (CNPGO) et créateur de la société BabyProgress lors du congrès GynMonaco en 2018. L'institut de recherche avait eu connaissance du SIM37 un an plus tôt.

"Il était convenu que nous fassions une interview pour promouvoir et comprendre la technique de la césarienne extra-péritonéale, qu'il pratique et enseigne. Le Docteur Olivier Ami s'est gardé, à ce moment-là, de nous parler du SIM37. Ce n'est qu'au cours de la journée que nous avons découvert de façon fortuite que le SIM37 et l'entreprise Babyprogress étaient intimement liés au Docteur Olivier Ami".

Pendant près de deux ans, l'ISRAF a enquêté sur les bien-fondés du SIM37. Le verdict est clair et sans appel : "Aucune étude ne rapporte ce type de complications due à la dystocie céphalo-vaginale, qui semble être une pure invention et un pur fantasme de l'imaginaire du Docteur Olivier Ami", conclut le rapport.

Manque d'"évaluation sérieuse et pertinente"

Mercredi 25 janvier, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a diffusé un communiqué de presse allant dans le sens de l'ISRAF. "Ce procédé n'a jamais fait l'objet d'une évaluation pertinente et sérieuse", souligne le CNGOF en se référant au SIM 37.

Trois jours plus tard, la société BabyProgress a répondu au CNGOF dans un communiqué : "900 patientes ont pu obtenir le résultat du calcul de SIM 37 ​à titre gratuit​. (...) Nous nous tenons à l'entière disposition de nos confrères, gynécologues et obstétriciens, associations de défenses des droits, afin d'échanger sur les résultats de notre étude. Celle-ci fera officiellement l'objet de publication médicale."

En attendant, l'ISRAF appelle "les journalistes à enquêter sur cette pratique" et invite les personnes, les associations, les collectifs, "à faire circuler cette information."