En Inde, l'adultère n'est (enfin) plus considéré comme un crime

En Inde, l'adultère n'est (enfin) plus considéré comme un crime
En Inde, l'adultère n'est (enfin) plus considéré comme un crime
La Cour suprême d'Inde vient de voter une loi pour dépénaliser l'adultère. Considérée comme un délit, une relation extra-conjugale est actuellement passible d'une peine de prison dans ce pays d'Asie du Sud.
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En Inde, la réforme en faveur des droits humains progresse. Le 6 septembre, la Cour suprême d'Inde a rendu une décision historique pour le pays en dépénalisant l'homosexualité, autorisée en 2009 puis à nouveau interdite en 2013. D'après un article pénal datant de l'ère coloniale britannique, l'homosexualité était passible de prison à vie.

Ce jeudi, la haute instance judiciaire vient de voter un texte de loi pour dépénaliser l'adultère. L'article du code pénal qui date- tout comme celui sur l'homosexualité- de l'ère coloniale britannique, décrit l'adultère comme une infraction pénale passible d'une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison à "tout homme ayant eu des relations sexuelles avec une femme mariée sans le consentement de son mari."

Un homme d'affaires à l'origine de cette nouvelle loi

Les femmes ne pouvaient par ailleurs pas porter plainte ni être jugées responsables de l'adultère, ce qui en faisait exclusivement une affaire d'hommes. Indigné par le caractère discriminant de cette loi, Joseph Shine, un homme d'affaires indien de 41 ans installé en Italie, a lancé une pétition en août dernier et sommé la Cour suprême de l'abroger.

Joseph Shine a argué que cette interdiction faisait preuve de discrimination en tenant les hommes pour uniques responsables des relations extraconjugales et en traitent les femmes comme des biens matériels.

"Motif légitime de divorce"

Le président de la Cour suprême Dipak Misra a donc décidé de révoquer cette loi vielle de 158 ans, la qualifiant "d'inconstitutionnelle". "Le mari n'est pas le maître de la femme", a-t-il déclaré.

Soixante-quatre ans plus tôt, la même Cour suprême avait maintenu la pénalisation de l'adultère au motif qu'il était à l'époque "communément accepté que c'est l'homme le séducteur, pas la femme".

Les juges de la Cour suprême ont néanmoins précisé que l'adultère restait un motif légitime de divorce.