Société
Génie iranienne des échecs, Sara Khadem doit s'exiler après avoir joué sans voile
Publié le 5 janvier 2023 à 15:31
Aussi appelée Sara Khadem, la brillante joueuse d'échecs iranienne Sarasadat Khademalsharieh s'est vu forcée à l'exil. La raison ? Etre apparue sans voile lors d'une compétition internationale...
Génie iranienne des échecs, Sara Khadem doit s'exiler après avoir joué sans voile

Elle avait été photographiée sans voile lors d'un tournoi international au Kazakhstan, à la fin du mois de décembre dernier. Pour cette raison, la joueuse d'échecs iranienne Sarasadat Khademalsharieh, plus connue sous le nom de Sara Khadem, a dû s'exiler en Espagne en compagnie de son époux et de son enfant, rejoignant un logement déjà occupé par sa famille. La joueuse aurait notamment reçu des appels téléphoniques menaçants. La présence de gardes du corps devant sa chambre d'hôtel au Kazakhstan aurait également été nécessaire.

Pourquoi ? Car ce choix vestimentaire est perçu par le régime iranien "comme une marque de soutien aux manifestations qui secouent actuellement le pays", comme le souligne Le Monde. Cela fait effectivement de longs mois déjà que les Iraniennes descendent dans les rues, retirent et brûlent leur voile, afin de s'indigner de la mort suspecte de Mahsa Amini, 22 ans, décédée après son arrestation par la police des moeurs.

Une contestation aujourd'hui associée à la joueuse d'échecs de 25 ans, native de Téhéran, et dix-septième joueuse mondiale en son domaine.

Un symbole de résistance ?

Pour ce choix vestimentaire que l'on pourrait qualifier de geste politique, beaucoup érigent Sarasadat Khademalsharieh en symbole de résistance nationale. De fait, la fédération iranienne d'échecs, relate Le Monde, s'est par ailleurs détachée de la joueuse, qui "aurait participé à ce tournoi à titre personnel, de façon indépendante et à ses propres frais", a déclaré Hassan Tamini, le directeur de la fédération.

Ce n'est pas la première fois que de telles protestations émergent. En 2018 déjà, la championne d'échecs indienne Soumya Swaminathan s'était retirée de la Coupe d'Asie des échecs en Iran car les organisateurs de la compétition exigeaient qu'elle porte le voile islamique. Elle avait refusé cette obligation, déclarant : "La loi iranienne sur le foulard obligatoire viole directement mes droits humains fondamentaux".

L'espace d'une publication Instagram mise en ligne ce 4 janvier, Sarasadat Khademalsharieh a cependant nié toute volonté militante de sa part : "Je ne suis devenue réfugiée d'aucun pays. Le choix de me rendre en Espagne est une décision familiale et non politique. L'Iran est toujours ma première maison".

Par Clément Arbrun | Journaliste
Passionné par les sujets de société et la culture, Clément Arbrun est journaliste pour le site Terrafemina depuis 2019.
Mots clés
Société News essentielles sport iran Femmes engagées droits des femmes
Sur le même thème
"Il doit porter plainte" : un chanteur agressé sexuellement par une femme en plein concert, les internautes scandalisés par ces images qui illustrent un non-dit de notre société
Culture
"Il doit porter plainte" : un chanteur agressé sexuellement par une femme en plein concert, les internautes scandalisés par ces images qui illustrent un non-dit de notre société
27 novembre 2025
Violences sexistes : une femme tuée toutes les 10 minutes dans le monde, "le silence doit cesser"
Violences
Violences sexistes : une femme tuée toutes les 10 minutes dans le monde, "le silence doit cesser"
25 novembre 2025
Les articles similaires
"Être fidèle à son conjoint/sa conjointe, c’est antiféministe ?" : sur les réseaux sociaux, cette question fait débat
Société
"Être fidèle à son conjoint/sa conjointe, c’est antiféministe ?" : sur les réseaux sociaux, cette question fait débat
27 février 2026
"Honteux" et "dégradant" : le coup de gueule d'Enora Malagré contre le concours Miss France fait débat
Société
"Honteux" et "dégradant" : le coup de gueule d'Enora Malagré contre le concours Miss France fait débat
5 décembre 2025
Dernières actualités
Les femmes de plus de 50 ans, coincées entre emploi et retraite
Bien au travail
Les femmes de plus de 50 ans, coincées entre emploi et retraite
10 avril 2026
J'ai (enfin) été promue au travail, mais je vis un burn out : est-ce que c'est normal ?
Bien au travail
J'ai (enfin) été promue au travail, mais je vis un burn out : est-ce que c'est normal ?
10 avril 2026
Dernières news