Le faux nez à la cire, le phénomène Instagram qui crée le malaise

Le faux nez à la cire, la tendance asiatique qui fait rire, puis interroge.
Le faux nez à la cire, la tendance asiatique qui fait rire, puis interroge.
Quelque chose d'étrange se trame sur les réseaux sociaux : des influenceurs asiatiques se font des faux nez à la cire. Une tendance plutôt étonnante qui traduit aussi un diktat sociétal nocif.
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Il y a des choses qui nous échappent. Et certaines de ces choses sont les innombrables tendances qui pullulent sur les réseaux. La dernière en date vient de percer aux US après avoir régné pendant un bon bout de temps en Asie, et plus particulièrement en Chine : la fausse rhinoplastie à la cire.

Nous aussi, nous avons tant de questions.

Alors comment ça marche cette histoire ? Un peu comme de la pâte à modeler, en somme. Le Play Doh du nez. On se fout une bonne dose de cire sur les arêtes et on la sculpte à l'aide d'un petit scalpel bien pratique pour obtenir la forme désirée, puis on laisse sécher quelques minutes.

Le soir, en se démaquillant, on curette la prothèse (miam) et on retrouve son visage naturel - aussi camouflé sous une couche de maquillage et de faux cils.

Comme le chantait Nana Mouskouri : "Il faut de tout pour faire un monde".

Une fois l'incompréhension passée, on se pose une autre question, plus sociétale cette fois : pourquoi ces internautes (pour la plupart des femmes), ont tant besoin de cacher leur visage derrière des tonnes d'artifice ?

On saisit l'argument "se faire belle ou beau pour soi", mais on doute véritablement que porter un masque pour transformer son apparence faciale de A à Z soit un plaisir de tous les jours.

En se penchant un peu plus sur le sujet du maquillage en Asie, on se rappelle du mouvement sud-coréen #EscapeTheCorset (#EchappeAuCorset), que les habitantes ont lancé pour dénoncer la pression qu'elles subissent au quotidien, et qui consiste à poster une photo de son attirail beauté écrasé.

Elles luttent contre les diktats qui leur demandent d'être impeccables en sortant de chez elle, de dépenser un fric fou en cosmétique et de ne jamais avoir une trace de rouge à lèvres qui dépasse.

Car elles passent en moyenne plus de deux heures par jour à se pomponner tout ça pour faire plaisir à une société patriarcale qui estime qu'une femme doit être "parfaite".

Une Sud-Coréenne sur trois aura même recours à la chirurgie - une opération permanente, pour le coup. Séoul est d'ailleurs devenu la capitale du tourisme esthétique.

Alors si effectivement, la tendance a de quoi nous faire marrer - il faut dire que c'est assez insolite et inédit en France - la raison derrière tout ça est quand même nettement moins drôle.

Et donne clairement à réfléchir.