Les explications douteuses de Petra László, la journaliste cogneuse de migrants

Quelques jours après la diffusion de la vidéo très choquante sur laquelle on la voir faire un croc-en-jambe à un réfugié, la journaliste hongroise Petra László, qui a depuis été licenciée par la chaîne de telévision qui l'employait, s'est justifiée dans une lettre publiée dans un journal. Un texte moyennement convaincant.
A lire aussi

"Je filmais, des centaines de migrants ont brisé le cordon de police et l'un d'entre eux est venu vers moi, j'ai eu peur", affirme la journaliste Petra László, tristement célèbre pour avoir fait un croche-pied à un migrant, dans une lettre publiée par le journal conservateur hongrois Magyar Nemzet et reprise par The Guardian .

La vidéo montrant le geste ignoble de Petra László a fait le tour du monde le 8 septembre et suscité l'indignation sur les réseaux sociaux. La scène se passe à Roske, à la frontière serbo-hongroise : des réfugiés forcent un cordon de police et s'élancent à travers champs sous l'oeil des caméras. Au milieu de la mêlée, un père de famille portant son fils tente d'échapper à un policier quand une journaliste, le visage à moitié dissimulé, lui fait un croche-pied et le fait tomber de tout son long. La vidéo accablante a été largement diffusée après avoir été postée sur Twitter par un journaliste allemand.

"Il y a eu un déclic en moi, j'ai cru que j'étais attaquée et que je devais me protéger. C'est difficile de prendre des bonnes décisions quand c'est la panique", se justifie Petra László dans sa lettre rendue publique. Avant d'ajouter : "Je ne suis pas une raciste sans coeur qui frappe des enfants. Je suis une mère de famille sans emploi qui a pris une mauvaise décision".

Une justification destinée à attendrir l'opinion publique qui passerait peut-être si une deuxième vidéo témoignant de la haine xénophobe de la journaliste n'avait pas été révélée peu après la première. Sur ces images, publiées par un site hongrois, on la voit cette fois en train de donner un coup de pied à une petite fille réfugiée.



Après la diffusion de ces deux séquences accablantes, la chaîne N1TV a annoncé qu'elle avait mis fin au contrat de sa journaliste, "avec effet immédiat". "Une collègue de N1TV s'est comportée aujourd'hui de manière inacceptable au point de rassemblement à Roszke", a également écrit le rédacteur en chef Kisberk Szabolcs, dans un bref communiqué publié sur Facebook. "Le contrat de travail de l'opératrice a été rompu avec effet immédiat aujourd'hui, nous considérons l'affaire comme close".

Par ailleurs, une enquête criminelle a été ouverte jeudi 10 septembre sur Petra László après que deux petits partis d'opposition hongrois ont déposé une plainte pénale. "Dans le cadre de l'enquête, les autorités vont examiner si des délits plus graves ont été commis", a indiqué Sandor Toro, procureur en chef adjoint du comté de Csongrad.