Luna Reyes, la bénévole réconfortant un exilé à Ceuta, visée par l'extrême droite

Luna Reyes, la bénévole réconfortant un exilé à Ceuta, visée par l'extrême droite
Luna Reyes, la bénévole réconfortant un exilé à Ceuta, visée par l'extrême droite
Pour avoir simplement pris dans ses bras un exilé sénégalais à Ceuta, Luna Reyes, une jeune volontaire de la Croix Rouge âgée de 20 ans, se retrouve harcelée et menacée par l'extrême droite sur les réseaux sociaux.
À lire aussi

C'est une photographie qui a fait le tour monde. L'on y voit Luna Reyes, une jeune volontaire de la Croix-Rouge, prendre dans ses bras un émigré sénégalais à bout de souffle, les larmes aux yeux. Ce dernier vient d'arriver dans l'enclave espagnole de Ceuta, vers laquelle cherchent refuge des milliers de migrants. C'est moins la bénévole en question que l'homme anonyme et esseulé que met en évidence ce cliché devenu viral.

Ce qui n'a pas empêché la fachosphère de s'en prendre à Luna Reyes. "[Par-delà la photo] certains internautes ont appris que mon petit ami était noir, alors ils n'ont pas arrêté de m'insulter et de me dire des choses horribles et racistes", a déploré la principale concernée, comme le relève le Guardian. Parmi les internautes menaçants et insultants, on trouverait notamment des partisans du parti d'extrême droite espagnol Vox.

Un déplorable déferlement de haine en ligne qui est parvenu à entacher ce qu'avait pourtant su saisir avec justesse la fameuse photographie, tel que l'énonce le journal britannique : "l'humanité brute du moment".

"Il y a beaucoup de Luna"

"[Etreindre cet homme] était la chose la plus normale au monde. Il pleurait, j'ai tendu la main et il m'a serré dans ses bras. Il s'est accroché à moi. Cette étreinte était sa bouée de sauvetage", a déclaré la volontaire de 20 ans afin de préciser le contexte de ce cliché riche de sens. De son côté, la Croix-Rouge espagnole a soutenu la jeune femme, victime de harcèlement en ligne, rappelant "qu'il y a beaucoup de Luna" dans leur organisation.

Que l'on se rassure, l'humanité qui émane de cette photographie a également fédéré des milliers de voix bienveillantes - internautes, artistes mais également personnalités politiques - comme le développe encore le Guardian. "Nous ne laisserons pas la haine l'emporter. Ceux et celles d'entre nous qui considèrent cette étreinte comme un symbole du meilleur de notre pays sont plus nombreux que les autres", a ainsi affirmé Rita Maestre, la conseillère de la ville de Madrid et membre du conseil citoyen du parti de gauche Podemos.

Et ceux-ci justement ne se sont pas privés de soutenir Luna sur Twitter à l'aide d'un mot-clé devenu tendance : #GraciasLuna. "Harcelée, insultée, menacée...pour avoir fait preuve d'humanité, et donné la plus belle image d'honneur et de grandeur qui puisse être : le secours, l'aide et la compassion", "Comment est il possible d'associer des propos de haine à des images d'une telle humanité ? Ça me dépasse ! Ces images me réconfortent dans ma foi en l'humanité", " Elle a tout simplement fait preuve d'humanité. Les insultes et menaces sont intolérables ! Défendons la massivement face à cette campagne haineuse !", s'exclament les internautes.

Une "compassion" largement partagée donc.