Jugée "trop apprêtée" au parc, cette mère réplique sur TikTok

Jugée parce qu'elle est trop apprêtée au parc, cette mère réplique sur TikTok
Jugée parce qu'elle est trop apprêtée au parc, cette mère réplique sur TikTok
C'est ce qu'on appelle du "mom-shaming", ou la façon dont, peu importe ce qu'elles décident ou non de faire, les mères vont être jugées. Seulement cette fois, les commentaires négatifs viennent justement de mamans elles-mêmes.
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Si être parent est très souvent éreintant, être mère vient en plus avec son lot d'injonctions et de réflexions sexistes. Dernier exemple médiatisé de ces situations insupportables auxquelles font face les mamans : l'anecdote racontée par Rosie, femme au foyer par ailleurs adepte de la technique FlyLady (qui permet de ne pas passer des heures interminables à faire le ménage).

"L'année dernière, mon fils et moi faisions notre excursion hebdomadaire au parc lorsque nous sommes tombés sur le groupe de mamans toujours intimidantes", confie-t-elle en voix off d'une vidéo dans laquelle on la voit se maquiller. "Je n'avais aucune raison de croire qu'elles étaient tout sauf inoffensives, mais mon instinct de survie de lycéenne m'a dit de garder mes distances."

La jeune femme poursuit, précisant que son fils, lui, n'avait pas acquis cet "instinct de lycéen", et a couru en plein milieu dudit groupe. Résultat : Rosie se retrouve dans une position délicate tant elle se sentait nerveuse d'aller le chercher. Et ses inquiétudes s'avèrent particulièrement fondées.

"Tu es jolie, je ne t'aime pas"

"Alors que je trace à contrecoeur un chemin vers lui, j'entends l'une des mamans dire quelque chose que je ne suis pas prête d'oublier", continue-t-elle. "Oh tu es jolie, je ne t'aime pas", lâche l'une d'elles. "Ses mots ont envoyé une secousse rapide dans mon système alors que les autres mamans ricanaient à côté d'elle." La TikTokeuse témoigne s'être empressée de répondre : "Oh, c'est la première fois que je m'habille depuis trois semaines".

Un petit mensonge, avoue-t-elle a posteriori dans sa publication, qui la pousse à s'interroger. "Est-ce que j'étais trop habillée pour la cour de récréation ? Et est-ce que le fait de travailler à la maison signifie que je n'ai pas à m'habiller tous les jours ?". A l'une comme à l'autre, on répond : non. L'important est de faire comme on peut, comme on veut, en essayant de miser sur l'option qui nous fait se sentir au mieux.

Dans les commentaires de cette vidéo, les soutiens ont été immédiats et révélateurs d'une sororité qui, à écouter l'intéressée, a encore du mal à régner. Car certains pointent aussi une réalité : la façon dont les insécurités de chacune, alimentées par l'idée selon laquelle la valeur d'une femme est réduite à son apparence, peuvent pousser à ce genre de tacles. Une misogynie intériorisée qui émane - encore et toujours - du même coupable : le patriarcat.