Mini-jupes et décolletés à l'index : le Kansas veut imposer un dress code aux femmes

Mini-jupes et décolletés à l'index : le Kansas veut imposer un dress code aux femmes
Mini-jupes et décolletés à l'index : le Kansas veut imposer un dress code aux femmes
Parce qu'il trouve que les femmes en jupe ou affichant un décolleté qu'il croise au Capitole sont "provocantes", le sénateur républicain du Kansas Mitch Holmes souhaite leur imposer un dress code pour leur apprendre comment s'habiller décemment.
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Au Kansas, aux États-Unis, porter une jupe au-dessus des genoux ou afficher un joli décolleté pourrait prochainement être interdit. Car dans cet État conservateur du Midwest, on ne rigole pas avec la bienséance et les codes de bonne conduite. Mécontent des tenues "attirantes" affichées par certaines sénatrices du Kansas, le sénateur républicain Mitch Holmes a proposé de d'instituer un code vestimentaire à leur intention.

Rédigé par ses soins, ce code de bonne conduite vestimentaire détaille en onze points ce qu'il souhaite interdire de porter en public : mini-jupes, décolletés plongeants... En somme, que des tenues portées exclusivement par des femmes se rendant aux séances au Sénat. Selon le Topeka Capitol Journal, le code vestimentaire présenté par Mitch Holmes ne contient en effet aucune restriction sur les tenues portées par les hommes. La raison invoquée pour justifier cette discrimination ? Pour Holmes, la vue "de femmes vêtues de façon provocante au Capitole" constitue pour lui et ses confrères une "distraction" qui n'est pas la bienvenue. Et d'ajouter qu'il avait envisagé d'ajouter dans le code un point obligeant les hommes à porter un costume et une cravate pour se rendre au comité... avant de se rétracter car "les hommes n'ont pas besoin d'instructions supplémentaire pour avoir l'air professionnels".

Un affront aux femmes du Kansas

Si le code vestimentaire ne spécifie pas quelle longueur de jupe est jugée provocante ou quelle est la profondeur convenable d'un décolleté, il n'a pas manqué d'interpeller les collègues féminines du sénateur Holmes. "Pour l'amour de Dieu, mais à quel siècle vit-on ?", s'est indignée la sénatrice Laura Kelly, rapporte le Capitol Journal. La Maire de la ville de Manhattan Karen Mculloh a elle jugé "inapproprié de dire aux gens comment ils doivent se vêtir". "Je ne sais pas d'où ce monsieur vient, a-t-elle ajouté, mais je trouve que de manière générale, les mesures qui émanent récemment du Sénat font reculer l'égalité entre femmes et hommes dans le pays. Elles sapent constamment l'égalité entre les sexes et ignorent le fait que les femmes portent la moitié du pays et devraient donc être traitées comme des égales."

Un point de vue que partage Haley Kottler, doctorante en étude de la famille et des services humains et en women's studies. Interrogée par thecollegian.com, la chercheuse estime qu'imposer un code vestimentaire aux femmes travaillant au Capitole est une façon dégradante de minimiser leur rôle et leur implication dans la politique du Kansas. "Pourquoi n'êtes-vous pas plus intéressée par ce que les femmes disent au lieu de vous focaliser sur ce qu'elles portent ?, demande-t-elle. [...] Comment pouvez-vous dire aux femmes ce qu'elles doivent porter mais laisser aux hommes le soin de décider ce qui leur donne une allure professionnelle ?"

Pour Karen McCulloh, ce code vestimentaire imposé par le sénateur Holmes est une infraction contre les femmes qui ne devrait pas être prise à la légère. "Je souhaite que nous puissions tout simplement juger les gens sur leurs capacités et non sur toutes ces choses qui rentrent trop souvent en ligne de compte, comme le sexe ou l'apparence. Je pense que c'est un affront aux femmes de la législature du Kansas et que ce n'est que la première d'une longue série d'autres mesures discriminatoires."

[Mise à jour 29 janvier 2016]

Face au retentissement suscité par son code vestimentaire, Mitch Holmes a finalement présenté publiquement ses excuses mardi 26 janvier et annoncé qu'il retirait de son code de bonne conduite le point litigieux au sujet des tenues féminines.

"Mon échec à indiquer clairement que tous les participants à la conférence, indépendamment de leur sexe, devraient s'efforcer de se présenter professionnellement est inacceptable. Je suis désolé, je ne voulais pas offenser qui que ce soit. J'ai décidé de le retirer les lignes directrices de bonne conduite," a déclaré Holmes dans une déclaration écrite publiée mardi.