Une femme sur deux simule l'orgasme régulièrement (et c'est un problème)

Une femme sur deux simule l'orgasme régulièrement (et c'est un problème)
Une femme sur deux simule l'orgasme régulièrement (et c'est un problème)
A l'occasion de la journée mondiale de l'orgasme, tenue le 21 décembre depuis 2006, le site de rencontres extra-conjugales Gleeden fait le bilan de celui de ses utilisatrices. Et il n'est pas réjouissant.
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91 %, c'est la proportion de femmes hétérosexuelles françaises, belges et suisses interrogées par Gleeden à avoir déjà simulé un orgasme. 47 %, c'est celle qui correspond aux répondantes le simulant régulièrement. Et puis, 11 % de ces dernières confient s'adonner à la parade... à chaque fois qu'elles font l'amour.

Preuve que ça "marche", 81 % des hommes questionnés sont quant à eux persuadés que leur compagne ne l'a jamais feint. Un fossé qui en dit long sur les inégalités au lit, mais aussi la pression sociale et le tabou qui entourent le plaisir féminin.

"Il est assez cocasse de s'apercevoir que presque toutes les femmes ont déjà simulé un orgasme au cours de leur vie alors que [la plupart] des hommes estiment que cela n'est jamais arrivé avec eux", note en ce sens Solène Paillet, directrice de la communication de la plateforme. "Cela démontre un vrai problème de communication au sein du couple ; et c'est souvent ce manque d'échange fondamental qui peut par la suite mener à l'infidélité."

Mais concrètement, pourquoi sommes-nous si nombreuses à crier "oh oui" quand vraiment, on n'y est pas du tout ?

Faire plaisir et aller plus vite

Les raisons évoquées par le sondage sont les suivantes : 61 % des femmes concernées expliquent ainsi chercher à booster l'ego de leur partenaire, quand plus de la moitié d'entre elles agissent de cette manière pour ne pas le vexer. Et puis, il y a celles qui tentent, en exagérant la jouissance, de mettre un terme plus vite au coït. 56 % des sondées, exactement. Des arguments préoccupants qui confirment qu'en 2021 encore, dans les relations hétérosexuelles, le plaisir masculin reste au centre.

"C'est très phallocentrique, on va beaucoup penser au pénis", déplore auprès du média québécois L'Actualité Léa Séguin, chercheuse au département de sexologie de l'UQAM. "On va beaucoup mettre de côté le clitoris, les choses qui fonctionnent pour la femme".

Celle qui, par ses travaux, tente de décortiquer la pratique de la simulation et de défaire les croyances sur l'orgasme, ajoute en outre : "S'attendre qu'une femme ait un orgasme avec juste une pénétration vaginale avec aucune simulation du clitoris, c'est comme s'attendre à ce qu'un homme [jouisse] sans une stimulation du pénis". A imprimer.

Et les hommes d'ailleurs, simulent-ils ? Oui, répond Gleeden, qui observe que 29 % des interrogés ont déjà eu recours à cette "astuce". Mais, dans 71 % des cas, dans le but d'augmenter "l'excitation générale pendant l'acte". Rien à voir avec la nécessité de brosser l'ego de l'autre, donc. CQFD.