Oscars 2018 : les mouvements #MeToo et Time's Up s'invitent à la cérémonie

Oscars 2018 : une cérémonie marquée par les mouvements #MeToo et Time's Up
Oscars 2018 : une cérémonie marquée par les mouvements #MeToo et Time's Up
La 90e cérémonie des Oscars, qui s'est déroulée dimanche 4 mars à Los Angeles, a été marquée par de vibrants discours appelant à lutter contre les violences faites aux femmes et par un palmarès reflétant plus de diversité. Retour sur les grands moments féministes de la soirée.
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Comme pour la soirée des Golden Globes en janvier dernier, impossible pour le gratin de Hollywood de faire comme si de rien n'était. Alors que cette 90e cérémonie des Oscars était la première à se dérouler après l'éclatement du scandale Harvey Weinstein, actrices et acteurs ont une nouvelle fois tenu des discours engagés, sur le tapis rouge et sur la scène de la cérémonie, pour rappeler que l'ère de l'impunité qui profitait jusqu'ici au producteur de Miramax et à d'autres était révolue.

Moins consensuels que notre cérémonie des César, les Oscars cru 2018 ont pourtant été bien moins militants que ce à quoi on aurait pu s'attendre. Le constat s'est posé dès le traditionnel défilé sur le red carpet. Contrairement aux Golden Globes, où les stars s'étaient passées le mot pour s'afficher en noir en signe de soutien à la lutte contre les violences faites aux femmes, la couleur était cette fois-ci de mise. Même chose concernant le pin's Time's Up, porté par peu d'actrices et d'acteurs. Jane Fonda, Sam Rockwell, Oscar du meilleur second rôle masculin pour 3 Billboards, ou Steven Spielberg faisaient partie des rares invité.e.s à l'avoir épinglé sur leur tenue de soirée.

Jane Fonda à la 90e cérémonie des Oscars
Jane Fonda à la 90e cérémonie des Oscars

"Nous devons donner l'exemple"

Malgré un essoufflement manifeste du mouvement #MeToo, la cérémonie a été marquée par de beaux moments de sororité et de soutien à Time's Up, le fonds qui vient en aide aux victimes de violences sexistes et sexuelles.
Sur scène, le présentateur de la cérémonie Jimmy Kimmel a débuté son discours d'ouverture en faisant explicitement référence à l'affaire Harvey Weinstein. "Ce qui s'est passé avec Harvey Weinstein, ce qui se passe partout, se faisait attendre depuis longtemps, a-t-il déclaré. Nous ne pouvons plus laisser ces mauvais comportements passer. Le monde nous regarde. Nous devons donner l'exemple. [...] Au cours de cette soirée, j'espère que vous écouterez beaucoup de défenseurs courageux de mouvements comme #MeToo et #TimesUp et #NeverAgain, parce que ce qu'ils font est important. Les choses changent pour le mieux, ils s'en assurent. C'est un changement positif."

Des plaidoyers pour un cinéma plus inclusif

Signe que les temps ont vraiment changé, Salma Hayek, Ashley Judd et Annabella Sciorra sont montées ensemble sur scène au cours de la cérémonie. Toutes trois victimes des agissements d'Harvey Weinstein, elles se sont montrées particulièrement émues en présentant une vidéo appelant Hollywood à faire preuve de plus de diversité envers les minorités sexuelles, les minorités ethniques et les femmes.

"Cette année, beaucoup ont raconté leur vérité et le chemin est encore long. Mais doucement, un nouveau chemin émerge", a commencé Annabella Sciorra. "Les changements auxquels nous assistons sont guidés par le bruit puissant de nouvelles voix, de différentes voix, de nos voix, se rassemblant au sein d'un choeur puissant pour dire : 'ça suffit'", a continué Ashley Judd, venue à la cérémonie en compagnie de Mira Sorvino, elle aussi victime d'Harvey Weinstein.

"Alors nous saluons ces esprits inépuisables qui ont tout renversé et ont brisé la perception biaisée qui existait contre leurs genres et leurs origines. Depuis l'automne dernier, avec les mouvements #MeToo et #TimesUp, tout le monde a eu une voix pour exprimer quelque chose qui se passe depuis toujours, non seulement à Hollywood, mais dans tous les domaines de la vie. Et nous travaillons ensemble pour nous assurer que les 90 prochaines années favoriseront des possibilités illimitées d'égalité, de diversité, d'inclusion et d'intersectionnalité", a terminé Salma Hayek.

L'autre moment fort de la cérémonie a incontestablement été la victoire de Frances McDormand. L'actrice, qui a remporté l'Oscar de la Meilleure Actrice pour son rôle de femme forte et de mère-courage dans 3 Billboards, a tenu un discours enflammé, appelant toutes les femmes présentes à se lever pour qu'enfin, les histoires portées par des autrices, des scénaristes, des réalisatrices, trouvent des financements.

"Je suis si honorée d'avoir toutes ces femmes nommées avec moi, alors j'aimerais que toutes les femmes nommées ce soir dans toutes les catégories se lèvent avec moi [...] Regardez autour de vous, tout le monde. Regardez autour de vous, mesdames et messieurs, parce que nous avons toutes des histoires à raconter et des projets que nous avons besoin de voir financés. Ne nous en parlez pas lors des fêtes. Invitez-nous dans votre bureau dans quelques jours ou venez dans le nôtre, faites selon ce qui vous convient le mieux, et nous vous parlerons de ça. Encore deux mots mesdames et messieurs : 'clause d'inclusivité' !"

Des moments réjouissants

Outre ces grands discours au souffle féministe, la 90e cérémonie des Oscars a été pimentée par des moments absolument réjouissants, comme lorsque Jane Fonda, 79 ans, et Helen Mirren, 70 ans, sont apparues sur scène pour remettre la statuette du Meilleur Acteur. "Un homme âgé avec une femme plus jeune c'est presque une anomalie à Hollywood non ?", s'est amusée Helen Mirren, avant d'expliquer que toutes deux avaient été les témoins de nombreux changements à Hollywood et dans toutes les sphères de la société.

Emma Stone s'est elle aussi fendue d'une petite pique bien sentie sur le manque notable de femmes parmi les nommés à l'Oscar du Meilleur Réalisateur. Facétieuse, l'actrice de La La Land a salué le travail de "ces quatre hommes et Greta Gerwig [qui] ont créé leur propre chef-d'oeuvre cette année".