Société
"Pourquoi donne-t-on la parole à un violeur ?" : ce célèbre journal interviewe l'agresseur de Yanis, quelques jours après son suicide, et provoque un tollé
Publié le 20 avril 2025 à 18:00
Le 15 avril, Le Parisien a cru bon de donner la parole à l'agresseur de Yanis, 18 jours seulement après le suicide de l'adolescent de 17 ans. Une interview qui choque et qui permet de réhabiliter un homme condamnée pour violences sexuelles sur mineur.e.s.
"Pourquoi donne-t-on la parole à un violeur ?" : ce célèbre journal interviewe l'agresseur de Yanis, quelques jours après son suicide, et provoque un tollé
"Pourquoi donne-t-on la parole à un violeur ?" : ce célèbre journal interviewe l'agresseur de Yanis, quelques jours après son suicide, et provoque un tollé Le 30 mars, Yanis s’est suicidé après avoir appris la remise en liberté de son agresseur sexuel. Dans une lettre enregistrée sur son téléphone, il confiait avoir "peur de croiser" l'homme qui avait abusé sexuellement de lui à l'âge de 12 ans. Dix-huit jours après sa mort, Le Parisien a décidé de publier une interview de son agresseur, dans laquelle ce dernier admet une "petite part de responsabilité", mais nie toute responsabilité directe dans la mort du garçon. Plusieurs comptes activistes ont pris la parole face à cette tribune honteuse qui n'est qu'un cas d'école de la responsabilité des médias dans la culture du viol. 

"Un mécanisme de réhabilitation symbolique"

Sur Instagram, le média inclusif Adelphité a publié un long post, sous forme de carrousel, pour dénoncer cette interview. "Quand un adolescent meurt à 17 ans, parce qu'il a peur de recroiser l'homme qui l'a agressé sexuellement, l'espace médiatique pourrait être utilisé pour dénoncer une chaîne institutionnelle de négigences, ou pour interroger la façon dont le système judiciaire, policier, social a produit cette situation. Mais ce n'est pas le choix qu'a fait Le Parisien". Comme le souligne Adelphité, cette tribune offerte à un agresseur n'est pas exceptionnelle, mais un cas d'école de la responsabilité des médias dans la culture du viol. "Elle s'inscrit dans un historique précis : les médias généralistes offrent régulièrement une plateforme aux auteurs de violences sexuelles, qu'ils soient connus (Polanski, Matzneff, Depardieu) ou anonymes, comme ici". Alors que le documentaire Netflix sur l'affaire Cantat, "De rockstar à tueur", interroge le récit médiatique au début des années 2000 et la responsabilité collective face au silence, force est de constater qu'en 2025, les médias continuent de donner la parole à des agresseurs, même lorsque leurs victimes sont mortes.
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Le 30 mars, Yanis s’est suicidé après avoir appris la remise en liberté de son agresseur sexuel. Dans une lettre enregistrée sur son téléphone, il confiait avoir "peur de croiser" l'homme qui avait abusé sexuellement de lui à l'âge de 12 ans. Dix-huit jours après sa mort, Le Parisien a décidé de publier une interview de son agresseur, dans laquelle ce dernier admet une "petite part de responsabilité", mais nie toute responsabilité directe dans la mort du garçon. Plusieurs comptes activistes ont pris la parole face à cette tribune honteuse qui n'est qu'un cas d'école de la responsabilité des médias dans la culture du viol

"Un mécanisme de réhabilitation symbolique"

Sur Instagram, le média inclusif Adelphité a publié un long post, sous forme de carrousel, pour dénoncer cette interview. "Quand un adolescent meurt à 17 ans, parce qu'il a peur de recroiser l'homme qui l'a agressé sexuellement, l'espace médiatique pourrait être utilisé pour dénoncer une chaîne institutionnelle de négligences, ou pour interroger la façon dont le système judiciaire, policier, social a produit cette situation. Mais ce n'est pas le choix qu'a fait Le Parisien". 

En donnant la parole à un homme reconnu coupable de violences sexuelles sur mineur.e.s, le journal permet à l'agresseur de "reformuler les faits à son avantage, en minimisant leur portée et en réorientant la lecture vers son propre ressenti", estime le média. L'agresseur de Yanis dit ainsi "regretter son départ" et avoir "beaucoup pleuré". La créatrice de contenus @ovairestherainbow s'indigne elle aussi : "Donner la parole à un agresseur, quand sa victime n'est plus là pour répondre, c'est achever de lui dire « Ta voix n'a pas compté et ne comptera jamais »".

La responsabilité des médias

Comme le souligne Adelphité, cette tribune offerte à un agresseur n'est pas exceptionnelle, mais un cas d'école de la responsabilité des médias dans la culture du viol. "Elle s'inscrit dans un historique précis : les médias généralistes offrent régulièrement une plateforme aux auteurs de violences sexuelles, qu'ils soient connus (Polanski, Matzneff, Depardieu) ou anonymes, comme ici". Alors que le documentaire Netflix sur l'affaire Cantat, "De rockstar à tueur", interroge le récit médiatique au début des années 2000 et la responsabilité collective face au silence, force est de constater qu'en 2025, les médias continuent de donner la parole à des agresseurs, même lorsque leurs victimes sont mortes.  

Par Marion D. | Journaliste
Journaliste actu, je couvre les sujets people et société.
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