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Prothèses PIP : Jean-Claude Mas rejette la faute sur les femmes
Publié le 22 avril 2013 à 12:20
La deuxième semaine du procès des prothèses mammaires PIP débute ce lundi à Marseille. Une semaine qui sera marquée par les auditions des témoins des prévenus et du parquet, après que Jean-Claude Mas a défendu bec et ongles, vendredi, l'utilisation de son gel non homologué.
Prothèses PIP : Jean-Claude Mas rejette la faute sur les femmes Prothèses PIP : Jean-Claude Mas rejette la faute sur les femmes


Ce lundi s’ouvre la deuxième semaine du procès PIP. À Marseille, les débats reprendront au point où ils se sont arrêtés vendredi soir, journée au cours de laquelle les prévenus avaient commencé à expliquer les mécanismes d’une fraude qui a duré dix ans. D’ailleurs, pour Jean-Claude Mas, poursuivi pour tromperie aggravée et escroquerie, point de fraude. Le fondateur de la société Poly Implant Prothèse a assumé l’utilisation d’un gel non-conforme pour remplir ses implants mammaires. Admettant avoir fabriqué « depuis 1995 un gel qui n’était ni homologué  ni homologable », il a malgré tout défendu son produit affirmant n’avoir fait prendre de risque à quiconque.

« "Dangereux", je refuse ce mot. Ce gel n’est pas plus dangereux qu’un autre gel ». Et alors que, selon les autorités sanitaires, un quart des prothèses retirées des porteuses étaient bel et bien défectueuses, Jean-Claude Mas persiste et signe. « Au niveau cohésivité, je suis certain, j’affirme qu’il était supérieur au Nusil (le gel conforme, ndlr.). » À l’en croire, le défaut d’homologation du gel n’était en réalité qu’une question financière, l’entreprise n’ayant pas les fonds pour payer le coût de la procédure. Plein d’assurance, un brin provocateur, il va même jusqu’à rejeter la faute sur la clientèle de la chirurgie esthétique, dans laquelle beaucoup de femmes « ne sont pas bien dans leur peau » et sont « fragiles ».

PIP : « 100 % des salariés étaient au courant » de la fraude

À l’audition du septuagénaire a suivi celle de ses anciens employés, quatre ex-cadres de la société varoise. Aucun n'a semblé vouloir assumer une part de responsabilité dans cette affaire. Ainsi, si Claude Couty, qui fut le directeur général de PIP, a reconnu avoir « permis la vente de lots non homologués », il précise n’avoir jamais eu conscience du danger. Au sujet de Jean-Claude Mas, il décrit un homme pensant « avoir la science infuse » qui « vit dans son monde ». Et d’ajouter : « Assez souvent, on était en désaccord sur la gestion ».

À 53 ans, Thierry Brinon était quant à lui le directeur technique de PIP. À la barre, il confie avoir commencé à douter de la culture de l’entreprise dès 2008, à la suite de plaintes des chirurgiens. Loïc Gossart, ex-directeur production, charge, lui, l’ensemble de l’effectif salarial de PIP. « 100 % des salariés, hors les commerciaux France, étaient au courant », fait-il savoir. Finalement, Hannelore Font, ancienne directrice de qualité est la seule à montrer quelques regrets. Dès 2004 elle pensait  « que les choses pouvaient changer ». Mais il faudra attendre 2009 pour qu’elle bloque la sortie de certains lots. Très vite, elle s'effondre : « Je tiens à m'excuser de n'avoir pas été à la hauteur ».  

Le procès des prothèses mammaires PIP devrait durer jusqu’au 17 mai. Lundi, les témoins du parquet, TÜV et l'Agence française du médicament (ANSM) notamment, seront entendus. Mardi les témoins des prévenus seront, à leur tour, à la barre.

Par Marie-Laure Makouke | Rédacteur
Marie-Laure Makouke, rédactrice spécialisée dans les sujets de société sur le site terrafemina.com
Mots clés
Forme Santé femmes justice
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