La rentrée va-t-elle faire flamber l'épidémie de Covid ?

La rentrée va-t-elle faire flamber l'épidémie de Covid ?
La rentrée va-t-elle faire flamber l'épidémie de Covid ?
A l'approche de la rentrée des classes, nombreux sont les médecins à craindre un rebond épidémique. Une situation préoccupante selon les professionnels dans la santé.
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"Face à un variant Delta fortement contagieux et circulant intensément chez les enfants et les adolescents, une action ferme est attendue". Voilà le message en forme d'alerte lancé par une trentaine de médecins et enseignants dans les pages du Monde. A l'approche de la rentrée des classes ce 2 septembre, les experts de la santé ont signé une tribune avant de sensibiliser l'opinion quant aux risques d'un véritable "rebond épidémique".

"Le variant Delta se propage actuellement à grande vitesse chez les plus jeunes. Au Royaume-Uni, il s'est principalement diffusé à partir des enfants : plus d'un million d'élèves ont été absents au cours du dernier mois d'école. Aux Etats-Unis, 121 000 cas d'enfants et d'adolescents ont été rapportés la seule semaine dernière", poursuivent encore les médecins, dont les épidémiologistes Dominique Costagliola et William Dab.

"Le retour à l'école des élèves, dont une partie n'est pas vaccinée, fait craindre un rebond épidémique alors que la situation commence à s'améliorer. Il nous apparaît impensable, pour la majorité des départements français, d'envisager une reprise au niveau 2 du protocole sanitaire", préviennent enfin les experts.

Comme un avertissement ?

Une situation préoccupante ?

Comme le détaille Le Point, le ministère de l'Éducation nationale a effectivement opté en cette rentrée pour un protocole de niveau 2 sur 4, ce nivellement indiquant l'ampleur des restrictions imposées : cours en présentiel dans les écoles, collèges et lycées, masque obligatoire à l'intérieur dès le primaire, limitation du brassage par niveau et aération renforcée.

Las, les médecins ont l'impression que la contagion que pourrait impliquer le variant Delta est prise à la légère. Concernant le taux d'incidence notamment, évalué aujourd'hui à 132,8 pour les 0-9 ans et 259,7 pour les 10-19 ans - ce taux étant calculé selon le nombre de cas pour 100 000 habitants sur sept jours.

Néanmoins, modère le média, par rapport à l'an dernier, deux fois plus de tests sont imposés aux 0-9 ans, et cinq fois plus aux 10-19 ans, mesures accentuant ainsi la force de la prévention dans les écoles. A cela, il faut encore préciser que 62 % des 12-17 ans ont reçu au moins une dose de vaccin, et que 43,7 % sont "déjà complètement vaccinés", rapporte Le Point. Des données qui pourraient quelque peu ménager l'angoisse ambiant.

Un état des lieux en demi-teinte donc, où plane l'espoir. "En France, après dix-huit mois de pandémie, l'école ne doit pas rester le talon d'Achille de la stratégie sanitaire. Nos enfants ont déjà payé un lourd tribut lors de cette crise, préservons dès maintenant leur scolarité et leur santé de risques évitables", alerte cependant la tribune des médecins.

De son côté, Jean-Michel Blanquer désire rassurer à tout prix concernant la solidité du protocole choisi. Interviewé par le JDD, le ministre de l'Education explique ainsi : "L'évolution de la situation sanitaire nous conduit à retenir le niveau 2, qui nous permet d'avoir la rentrée la plus normale possible, avec les élèves en classe, tout en préservant la santé de chacun. Ce protocole s'appuie sur des mesures qui ont fait leurs preuves – les gestes barrière, le nettoyage des locaux, la stratégie "tester, alerter, protéger" – auxquelles s'ajoute désormais la vaccination dès l'âge de 12 ans. Nous ne disposions pas de cet atout lors de la précédente rentrée".

De quoi convaincre les plus sceptiques ?