La compagnie aérienne Delta Airlines censure des scènes d'amour lesbiennes

"Booksmart", la comédie irrévérencieuse d'Olivia Wilde.
"Booksmart", la comédie irrévérencieuse d'Olivia Wilde.
L'actrice Olivia Wilde n'en revient pas : la compagnie aérienne Delta Airlines a censuré certaines scènes de "Booksmart", son premier film en tant que réalisatrice. Des coupes très ciblées puisqu'elles visent (entre autres !) une scène d'amour entre deux femmes...
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"La compagnie aérienne Delta Airlines censure les scènes sexuelles du film Booksmart (sorti en France sur Netflix) et coupe l'emploi du mot 'lesbiennes'". Du tweet initial d'une critique cinéma à cette remarque d'une jeune internaute, nombreuses sont les voix à avoir pu constater l'étrange charcutage de cette comédie britannique. C'est sa réalisatrice, à savoir l'actrice Olivia Wilde, bien connue des fans de Dr House et Vinyl, qui est longuement revenue sur ces très curieuses "coupes". L'espace d'un thread Twitter, elle partage son indignation légitime et se demande "ce qui se passe" avec cette compagnie.

"Il s'avère que certaines compagnies aériennes travaillent avec une société tierce qui édite le film en fonction de ce qu'elles jugent inapproprié. Dans notre cas, il s'agit de... la sexualité féminine ?", s'interroge en ce sens l'actrice, qui a eu l'occasion de constater la retouche de son oeuvre au sein d'un vol de Delta Airlines.

Pourtant, dit-elle, accepter "l'avis parental" affiché en début de séance permettrait (sur le papier) de visionner le film "dans sa forme originale". Spoiler alert : c'est très loin d'être le cas...

Une sexualité féminine "inappropriée" ?

Car cette censure prend des proportions dingues. Des mots "vagin" et "organes génitaux" à une histoire de masturbation féminine, en passant par une scène d'amour entre deux femmes, rien n'échappe à ces "cut". Une situation édifiante pour la réalisatrice.

"Quel message cela envoie-t-il aux spectateurs et plus particulièrement aux femmes ? Que leurs corps sont obscènes ? Que leur sexualité est honteuse ?", s'indigne-t-elle sur Twitter. Un questionnement qui n'a rien de hasardeux : du montage, la compagnie a conservé une scène de simulation de fellation, mais pas le mot "vagin". Preuve en est que c'est bel et bien la sexualité féminine qui est dans le viseur.

En réaction, Olivia Wilde exhorte toutes les compagnies aériennes, en particulier celles qui se targuent de promouvoir la notion d'inclusion, "de cesser de travailler avec cette société tierce". Un avis partagé par des milliers d'internautes. "Delta accepte que l'on dise 'merde' et 'fils de pute' mais pas 'lesbienne'", ironise en ce sens une voix anonyme.

Et force est de constater que cette indignation a porté ses fruits. Après avoir découvert les posts de l'actrice-réalisatrice, Emma Protis, porte-parole de Delta Airlines a réagi dans les colonnes de Variety. Tout en expliquant que chaque vol propose pour chaque film une version originale et une version "remontée", Emma Protis confesse que du contenu a effectivement été "inutilement supprimé" des deux versions de Booksmart.

"Nous travaillons pour que cela ne se reproduise pas à l'avenir", conclut la porte-parole. Résultat, la version originale du film d'Olivia Wilde a finalement été autorisée au sein de ces vols. Une petite victoire pour la réalisatrice. Mais qui pose toujours question quant aux autres éventuels cas de censure. Effectivement, nous apprend encore l'article de Variety, il a fallu attendre le coup de gueule de la comédienne pour que cessent d'être censurées par la même compagnie d'autres scènes d'amour ayant trait aux sexualités LGBT : celles de Rocket Man, le biopic du chanteur Elton John. Des coupes (encore une fois) tout sauf anodines...