Critiquée pour une robe "inappropriée" : et si on laissait les lycéennes s'habiller librement ?

Sur TikTok, une lycéenne raconte comment sa proviseure lui a demandé de ne plus se représenter dans l'établissement d'une robe fleurie légèrement décolleté. Un exemple du sexisme ordinaire que subissent les jeunes filles, sous couvert de "vêtement républicain".
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La sexualisation du corps des femmes va bon train, et cela commence dès l'adolescence. Pire, à l'école, les jeunes filles vont être tenues responsables plus ou moins explicitement du comportement des garçons, ceux-ci soi-disant "déconcentrés" par leurs vêtements. C'est ce qui avait, en 2020, lancé un mouvement national à travers de nombreux établissements, les élèves s'indignant contre l'interdiction du crop top et le renvoi de jeunes filles qui en étaient vêtues.

Aujourd'hui, un nouvel exemple de ce sexisme ordinaire a été publié sur TikTok par une jeune élève. Une lycéenne du nom de othilie.ornya sur le réseau social a ainsi posté le 21 mai une vidéo dénonçant les critiques de sa proviseure. "La proviseure de mon lycée m'a sorti ce matin : 'Je compte sur toi pour ne plus remettre cette robe qui est inappropriée pour le lycée'".

Dans la séquence, on la voit dans la robe en question, un modèle fleuri, près du corps et légèrement décolleté. "Attention, je risque de déconcentrer les garçons avec ma tenue grave provocante", a-t-elle légendée, soulignant justement l'argument archaïque qu'on brandit aux étudiantes.

La sacro-sainte "tenue républicaine"

En 2020, le ministre de l'Education de l'époque, Jean-Michel Blanquer, répondait à la polémique du crop top par un argument controversé (et particulièrement réac) : les élèves doivent porter une "tenue républicain". "Il est important d'arriver à l'école dans une tenue correcte. L'école n'est pas un lieu comme les autres," insistait-il. "Vous n'allez pas à l'école comme vous allez à la plage ou en boîte de nuit". Et d'ajouter : "Chacun peut comprendre qu'on vient à l'école habillé d'une façon républicaine." Mesures qui visaient principalement à contrôler l'apparence des adolescentes.

"Je pense qu'on en a tou·te·s marre des hommes qui commentent la manière dont s'habillent les jeunes filles", commentait la journaliste Mélody Thomas, autrice du lexique La mode est politique (ed. Les Insolentes), qui dédie une entrée au "Vêtement républicain". "Et plus précisément, des hommes qui commentent la manière dont s'habillent les jeunes filles sans se poser la question de pourquoi elles s'habillent ainsi, et de quelles images des femmes sont proposées dans la société de manière générale." A méditer urgemment.